Alors que la reconstitution du CEP, tâche pourtant hautement prioritaire dans l'exécution de l'accord, traîne, le président intérimaire Privert a nommé M. Fritz Jean à la tête de la Primature. Son investiture fut prompte, tel un éclair. Le texte de l'accord est ainsi écarté. L'ex-gouverneur de la BRH a délivré un brillant discours à son investiture. Il a tenu des propos d'un firministe d'avant-garde. Une lecture de fond du texte ferait croire que Fritz Jean est un PM régulier investi d'un mandat régulier sur un terme plus long que les 120 jours précisés par l'accord. Par contre, le président Privert dans son discours de circonstance a martelé avec force que les termes du mandat de l'accord seront scrupuleusement respectés. Mieux, il a réitéré que le temps imparti ne lui fera pas défaut, temps qu'il s'est d'ailleurs lui-même assigné en tant que corédacteur et signataire de l'accord. Belle réaffirmation du respect de la parole donnée et de l'engagement contracté. Nous en prenons acte et nous applaudissons fortement. Tout en souhaitant que, nous citoyens qui soutenons modestement le Président dans la limite de nos moyens, nos voix soient écoutées. Plus important, il importe que les forces politiques et sociales lui accordent leur ferme soutien et appui sans équivoque, hors de tout marchandage sordide et malsain, nous l'espérons du moins. Voilà donc un beau tandem à la direction politique du pays, en parfaite cohésion et avec de la suite dans les idées. D'un côté, ayant en commun bien de préoccupations, je vais n'en citer qu'une, la décentralisation, de laquelle toutes les autres en découlent,. D'un autre côté, ils sont en fait de la même poussée. Il ne m'est pas loisible de passer sous silence un texte, pour le moins dérangeant, publié vendredi dernier par Alterpresse. Je fais un raccourci, selon l'auteur Gary Olius, Fritz Jean aurait vendu, par une décision irrationnelle, des milliers d'onces de notre réserve d'or. L'irrationalité de cette décision confirmerait, selon l'auteur, les allégations que cet acte répondait aux desiderata de gros intérêts de la place. Comprenez bien que nous sommes abasourdis face à de si graves accusations. Cet article réveille en moi le souvenir de cette horrible affaire de la BRH au cours de l'été 2001. Révoqué illégalement et cavalièrement à la veille de l'inauguration de la succursale de BRH du Cap-haïtien, et face à l'imminence d'une arrestation brutale, le Gouverneur a dû s'enfuir en vitesse par la frontière, grâce au soutien de son ami, le Député Lavalas Théodore Saintilus. Par son action solidaire, ce dernier a épargné au Gouverneur la pire des humiliations que son Président s'apprêtait à lui infliger. Probablement, Fritz Jean doit avoir une reconnaissance éternelle envers ce député. On ne saura jamais le fin fond de cette histoire rocambolesque, par contre, ce que l'on sait pour certain, c'est que la réconciliation initiée le 6 janvier 2015 entre les deux hommes, le Gouverneur et son Chef Président d'alors, a bel et bien porté fruit un an plus tard, soit le 26 février 2016. Malgré « tumulte et bruits de guerre », la déclaration de politique générale sera bel et bien adoptée par les deux chambres du parlement. Évidemment, avec un Fritz Jean à la barre du gouvernail gouvernemental, l'intérim se fera sans heurt. Les tiraillements entretenus par certains secteurs autour de la reconstitution du CEP sont-ils orchestrés ? Impossible de l'affirmer péremptoirement. Mais bien d'indices vont dans cette direction. À quelle fin ? Faire échec à Privert, qui ne jure que par le respect de l'accord ? Ou motivation bassement matérielle et trafic d'influence ? Ce n'est pas cela qui fera échouer le président Privert, tel que je crois le connaître. Les recettes devant conduire à son échec sont ailleurs . La persistance de certaines forces politiques (la dernière note du 29 février du G8 entre autres) à réclamer la mise sur pied d'une commission d'évaluation est l'une des recettes par excellence. Des différents ténors de cette exigence il y a 3 catégories : 1) d'abord celle qui reste accrochée à la logique de ses principes; 2) celle qui aimerait transformer la période intérimaire en période provisoire, et pour ce faire, il faut brûler l'accord et griller Privert et son PM; 3) et finalement les vrais maîtres dans ce jeu, ceux-là qui agitent cette réclamation épouvantail séduisante, apparemment logique, afin de mieux pérenniser une certaine équipe au pouvoir. Dans le but précis, d'une part, de contrôler l'administration afin de se refaire financièrement après douze ans d'absence, et d'autre part faire durer le temps afin de placer les pions en vue de reconquérir le pouvoir 'légalement' à travers des 'élections sincères, inclusives' à l'instar des fameuses élections contestées de mai et de décembre 2000. Et tout serait à recommencer…..selon leur appétit et leurs lois. Rony Mondestin 29 février 2016