Aujourd’hui, le président provisoire de la République, Son Excellence Jocelerme PRIVERT, nous a appris que les caisses de l 'Etat sont vides. Dans l’immédiat, la situation apparaît alarmante puisque se conjuguent les conséquences de l’affaiblissement de l’Etat, menaçant de provoquer une dépression collective profonde, un épuisement doublé d’une amnésie. Cette vérité nous permet de dire que la foi dans l’avenir paraît compromise. Un sentiment de pessimisme est observé dans toutes les couches de la population, même chez ceux qui ne sont pas encore affectés par la crise économique. Dans une telle situation, la gourde se déprécie de plus en plus. La précarité matérielle et morale fige les existences dans la peur du lendemain .Or, le pays vit une situation exceptionnelle avec un pouvoir exécutif actuel qui n’est pas issu d'une élection au suffrage universel direct. Pourtant, il est légal, puisque les autres pays amis le reconnaissent et continuent à travailler avec le chef de l’Etat en vue d’achever le processus électoral du 9 aout et du 25octobre 2015. Les ambassadeurs accrédités en Haïti sont allés rencontrer le chef de l 'Etat pour confirmer la reconnaissance de son pouvoir et, du même coup, reconnaissent la validité de l’accord du 6 février. Ce pouvoir est issu d’un suffrage indirect, tel que prévu dans la Constitution amendée. Constitutionnellement, le mandat du président Martelly arrivait à son terme le 7 février 2016. Devant une telle situation de fait, il fallait des hommes et de femmes de courage pour trouver une issue politique en bons républicains pour éviter au pays de plonger dans la division voire même un massacre au lendemain du 7 février. Un accord est donc né à la va-vite. Cet accord a été signé entre le président sortant M Michel Joseph Martelly et les présidents des deux Chambres, ce qui a permis de sauver le peuple haïtien du chaos dans lequel il s’engouffrait. Plus d’un a commenté cet accord. Pour certains, c’est un bon accord tandis que pour d’autres, c’est un accord mort-né. Aujourd’hui, une des parties ne peut pas dénoncer l’accord, puisqu’elle ne représente plus l’exécutif. Juridiquement, cet accord est dépourvu de toutes provisions légales au regard de nos lois institutionnelles et de notre Constitution qui est la loi mère du pays. C’est un accord politique qui peut être revu à tout moment par les acteurs politiques du pays. En conséquence, on ne devrait plus parler de l’application de cet accord du 6 février 2016 puisqu’il est caduc le jour du départ du président Martelly. Il est devenu un accord unilatéral qui est en train d’être appliqué par une seule partie. Aujourd’hui, nous pouvons nous poser les questions suivantes : Qui a qualité pour demander au président Privert de respecter cet accord ? - Qui a qualité pour dénoncer le non-respect de cet accord ? Au regard de la loi et de la procédure civile, seuls les signataires détiennent cette qualité. Cependant, nous devons avoir le courage de dire la vérité à nos compatriotes. Il ne pourra pas y avoir des élections le 24 avril comme prévu dans l’accord, l’état de nos comptes publics ne nous permet de financer les ’élections même avec le support inconditionnel de la communauté internationale. L’organisation des élections est techniquement impossible le 24 avril, politiquement irresponsable et moralement condamnable. L’héritage que nous a légué le régime précédant est catastrophique, nous dit-on. Pour organiser de bonnes élections, d’une part, il nous faut du temps pour le faire. Or, la mise en place d’une commission de vérification qui va être dans l’obligation de produire un rapport absorbera beaucoup de temps dans le processus, et, nous serons dépassés par cet événement. Et, d’autre part, il faudra laisser le temps au nouveau Conseil électoral de s’installer afin de mieux faire connaissance avec la boîte. Tout cela doit être pris en compte pour éviter de commettre les mêmes erreurs du passé. La communication doit être la boussole du pouvoir en place. C’est aussi l’un des éléments essentiels pour la réussite de la transition. Dans un monde où la technologie est omniprésente, les théories des propagandes ne peuvent plus faire bonne recette. Les grandes théories de la propagande ne sont plus de mise dans un Etat de droit. Il faudra trouver d’autres stratégies pour séduire le peuple. Aujourd’hui, tout se sait à la seconde à travers les réseaux sociaux, même quand il y a souvent des intoxications qui demandent à être vérifiées avant d’y croire. Or, le désenchantement des hommes politiques actuel se nourrit de l'indifférence, voire de la défiance: le pouvoir des citoyens haïtiens de disposer des droits, d'agir individuellement et de penser publiquement, preuves fondamentales du caractère démocratique de la République, s’affaiblit. Il existe une catégorie d'individus depuis 1986 qui constitue une force d'intimidation, voire d'écrasement des plus faibles. Ce omportement est moralement condamnable. Cette injustice faite à cette catégorie s'oppose à la démocratie. La société haïtienne est menacée dans toutes ses composantes par une crise ouverte. Une catégorie cherche par tous les moyens à semer la terreur et la panique pour faire croire à la population haïtienne que le pays traverse une crise d’insécurité, pourtant, c’est une tactique pour faire peur aux citoyens paisibles. Alors, la question posée par la crise actuelle, avec toute la radicalité qu'elle projette sur la société haïtienne, oblige nos acteurs politiques à trouver un compromis politique afin d'offrir à la République une voie nouvelle. Le comportement de certains parlementaires nous fait croire qu'il y a une tendance liberticide qui est en train de développer au sein de cette institution. Que faire pour stopper cette tendance délétère? Il revient aux parlementaires de prouver au peuple haïtien que l’intérêt collectif a la préséance sur les intérêts individuels. Les acteurs politiques doivent se mettre d’accord sur certains points essentiels pour sortir le pays de son impasse. Nous proposons aux acteurs de : - trouver un compromis politique avec les acteurs politiques pour une sortie de crise ; - convoquer toutes les forces vives de la nation à des assises nationales en vue de former un gouvernement de consensus; - doter le pays d'un nouveau gouvernement; - repenser l'accord mort-né du 6 fevrier 2016; - refuser les fatalités par un dépassement de soi; - mettre en place un vrai calendrier électoral pour terminer le processus électoral commencé; - donner une feuille de route claire aux futurs membres du CEP; - Mettre en place une commission de vérification avec des termes de références précis en définissant ses missions et attributions; - l'avis de la Commission de vérification doit engager l’exécutif, c'est-à-dire que l'exécutif sera lié par ses avis, de même que le CEP; - la mise en œuvre de ces points sera signe d'un exécutif libre, mobilisé contre la crise par la solidarité, par l'impartialité, par l'écoute d'une majorité du peuple haïtien, décidé à réinventer ses liens avec la nation haïtienne. Or, le lien civique qui unit les personnes et les citoyens aux valeurs politiques, particulièrement, la liberté, la vérité et la justice, confère à l'exécutif une véritable constitution morale. Les acteurs politiques doivent cesser de se battre entre eux sur des futilités en invoquant de la procédure de part et d'autre pour débloquer les fonds d'urgence pour le département du Nord et Nord-Ouest et d'autres qui sont affectés par les dernières inondations. Il y a péril en la demeure. A ce stade, l'Etat doit intervenir sans délai. Peut-on se fier exclusivement à des argumentations juridiques, fussent-elles animées des meilleures intentions pour surmonter les grandes difficultés, pour résoudre les problèmes, les cas de force majeur enregistrés dans les départements précités ? Quand il y a urgence, les procédures sont mises en veilleuse, elles suivront leur cours après. Il faut d’abord penser à aider les gens qui sont en danger de morts dans ces départements. Une épidémie peut être déclenchée à tout moment. Y a –t-il un plan pour laisser mourir nos sœurs et frères des départements du Nord , du Nord-Ouest et autres ? Ne sont-ils pas considérés comme fils et filles de la République ? Mesdames et Messieurs les responsables, nous vous demandons de vous ressaisir en agissant comme des hommes d’Etat et non comme des amateurs. Le pays a besoin d’hommes et de femmes sérieux pour le diriger, le peuple ne peut plus assister à des querelles de chapelle à son détriment. Nous vous signalons que, si vous continuez dans cette voie, vous allez connaître le même sort que Laurent Bagbo pour non-assistance à personnes en danger. Les dirigeants de ces départements peuvent saisir les instances internationales et nationales en déposant une plainte pour crime contre l’humanité en laissant sciemment mourir des centaines de milliers de nos compatriotes dans des situations infrahumaines. Les caisses de la Républiques sont vides, les grand chantiers de l’Etat ne peuvent plus continuer, faute de moyens. Or, si rien n’est fait par les nouveaux responsables, nous risquerons de subir une pénurie d’essence dans les jours qui viennent, car, l’Etat haïtien n’a pas versé 1$ au gouvernement Vénézuélien depuis le mois d’août sur les achats effectués, la dette s’élève à quatre-vingt-six millions de dollars( 86.000000$) d’après les chiffres fournis par les nouveaux responsables. Or, l’Etat avait prévu de rentrer trente deux milliards de gourdes (32.000000000) pour la fin du mois de mars. Aujourd’hui, il rentre vingt sept milliards (27.000000000), un manque à gagner de cinq milliards (5.000000000). La caisse qui gère le compte pour payer l’achat de l’essence a aujourd’hui soixante deux millions de dollars (62.000000$) sur quatre-vingt six à verser. Alors, où sont passés les vingt-quatre millions de dollars (24000000). Une chose à comprendre: quand on achète un baril à 100$ au gouvernement vénézuélien, l’Etat haïtien revend aux compagnies à 100$ cash, mais l’Etat haïtien dispose d'un jour à quatre-vingt dix jours pour verser 40$ au gouvernement vénézuélien et les 60$ restants peuvent être payés sur 25 ans. Aujourd’hui l’Etat n’a rien versé au gouvernement vénézuélien depuis août 2015. Alors, il faut remettre de l’ordre dans les caisses de l’Etat au plus vite par une autre gestion de la chose publique. L’Etat ne peut plus se payer le luxe de continuer à subventionner l’EDH. L’Etat doit réduire son parc d’automobile L’Etat doit faire des économies là où c’est nécessaire. L’Etat n’a pas les moyens d’offrir à la population certains services publics gratuits. L’Etat doit demander à la nation de faire des sacrifices en payant les taxes justes pour pouvoir redresser les comptes publics afin d’éviter la faillite.