L’arrivée du nouveau gouvernement, installé ce lundi, devrait être une lueur d’espoir indiquant que demain sera plus beau, plus apaisé, mieux construit qu’hier. Tout le monde, ce lundi, devrait être convaincu que nous allons faire repartir la machine après des mois de shut down du gouvernement Martelly-Paul et de départ raté de l’administration Privert.
Et pourtant, le doute demeure le principal carburant des plus optimistes en Haïti, en cette fin de mars 2016.
Accusées d’être des loups-garous, trois femmes, sourdes-muettes, ont été atrocement tuées en Plaine pendant le week-end pascal. Le pont effondré sur la route 9 et les embouteillages les avaient emmenées à prendre un chemin qui leur était inconnu. Les meurtriers, des riverains qui ne les connaissaient pas dans la zone, les ont lapidées avant de laisser leurs dépouilles dans un canal.
Devant un marchand de friture, après une dispute, un policier a été tué par un frère d’armes de la Police nationale d’Haïti. « Mort pour un fritay », quelle épitaphe !!! Qu’un policier perde son sang-froid et aille jusqu’au crime suscite de profondes questions sur la santé mentale de ceux qui sont des gens d’armes.
Toujours pendant le week-end de Pâques, les parlementaires ont donné toute la mesure de leur pouvoir. Le même jour, après une séance ratée faute de quorum à la Chambre des députés, les deux Chambres ont entendu et approuvé sans vrais débats la déclaration de politique générale du premier ministre Enex Jean-Charles. Avant, sans s’en cacher, les groupes parlementaires ont dépouillé le président et le nouveau PM de nombreux postes ministériels.
Ces trois points saillants du week-end sont tombés dans les faits divers de l’actualité. Personne ne s’émeut plus de nos dérives encore moins du président de la République qui s’affuble d’un court short pour aller au stade Sylvio Cator assister au match officiel de la sélection nationale de football.
Nous sommes revenus de tout.
Le nouveau gouvernement, la société civile, chaque Haïtien a la responsabilité immense de nous sortir du mauvais chemin dans lequel on s’enfonce les yeux fermés. Chacun se sert comme il le veut, comme il le peut sans se soucier du précipice au bout de chaque sentier personnel.
Cela risque de très mal finir...
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