Qu’il nous soit permis d’unir notre humble voix à celle de la multitude, éparpillée par tout ailleurs et en Haïti, qui, en cette année du bicentenaire, se remémore des souvenirs heureux qui ont marqué son adolescence tant sur la grande cour que dans les vastes salles et même dans les parages du lycée Alexandre Pétion, le seul, il n’est pas superflu de le rappeler, à avoir été fondé par l’un des principaux héros de l’indépendance. « Il (Alexandre Pétion) fonda le lycée en 1816 et en confia la direction à un vieillard du nom de Ballette, qui, depuis quelque temps déjà, se consacrait à l’enseignement » (Petite histoire du lycée Alexandre Pétion, page 15)…….
Eu égard à cette louable initiative, toute notre reconnaissance à Alexandre Pétion à l’occasion des deux cents ans du lycée au nom de toutes les générations qui se sont succédé.
Sa fondation honorable et l’attention dont il a toujours été l’objet auprès des intellectuels les plus émérites de la cité, lesquels lui doivent d’ailleurs leur éducation, expliquent que le vieux lycée, surnommé dans le temps le lycée national, a traversé l’épreuve du temps auréolé d’un prestige et d’une magie difficile à traduire.
L’établissement dans son inextinguible parcours rivalisait de fierté avec les autres institutions qui faisaient la gloire d’Haïti.
Sur les mornes débris de l’antique lycée
Ainsi sur ces champs marqués par les exploits
Aujourd’hui disparus, illustres autrefois,
Une empreinte de gloire à jamais est laissée ;
Car un vieux toit couvrit des générations,
Qui toutes, le front haut, l’allure altière et franche
Pour voir briller toujours l’enseigne à double tranche.
Cette pièce de vers publiée par un ancien élève répondant au nom de Fabius DUVIELLA à l’ occasion de l’inauguration du bâtiment détruit lors du séisme de 2010, et dont le compte rendu se retrouve dans Le Nouvelliste du 9 janvier 1906 (Petite histoire du lycée A. Pétion, page 41), témoigne si besoin est de la place que le vieux lycée a toujours occupé dans les cœurs et les esprits des Haïtiens d’autrefois. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que la majorité des chefs d’État sont sortis de son sein sans mentionner un nombre incalculable d’intellectuels tels Jean Price Mars, Dumarsais Estimé, Dr François Duvalier, etc.
En ce lieu emblématique, sous la conduite de professeurs qui faisaient de l’enseignement- à notre époque du moins- un sacerdoce, nous y avons été assignés par le destin, à passer quatorze belles années. C’est avec un sentiment de gratitude mêlé d’émotions que nous revoyons, comme si c’était hier ; « dérouler le film combien édifiant de quelques-uns de ceux qui se sont dévoués pour faire du lycée Pétion une création continue », pour répéter Marc Ed. Séide dans Petite histoire du lycée Alexandre Pétion.
Justement, cette chaîne serait déjà brisée si elle n’avait pas été solidement maintenue dans l’espace et le temps.
Dan cet ordre d’idées nous unissons nos voix à tous ceux-là qui le veulent bien pour crier :
Honneur, gloire et mérite à tous les directeurs du lycée Pétion de 1816 à 2016!
Honneur, gloire et mérite à tous les enseignants qui se sont dévoués et qui se dévouent encore pour le prestige du lycée Pétion!
Honneur, gloire et mérite à tous les anciens élèves du lycée Pétion qui, par leur savoir, leur courage, que savons-nous encore, ont porté bien haut le renom de l’institution!
Qu’on nous permette enfin de présenter nos respects à la mémoire de Me Léon Fontaine, un ancien directeur de la section primaire pendant plus de quarante ans, et Me Antonio Occil, un ancien directeur de la section secondaire de 1964 à 1980.
Tout compte fait, sous peine d’être taxé de chauvinisme, les anciens élèves du lycée Pétion gardent toujours le meilleur souvenir de l’établissement. Mais tout l’éloge que nous pourrions tenter de faire au vieux lycée sera toujours bien au-dessous de l’admiration que nous lui devons.
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