La foire Livres en folie s'est achevée vendredi après-midi. La Quinzaine du livre se poursuit jusqu'à dimanche. Ce samedi, à 3 h p.m., à la librairie la Pléiade de Pétion-Ville, une lecture d'«Amour, Colère et Folie» par Michèle Voltaire Marcelin réunira les amoureux du genre. Dimanche, la traditionnelle émission bilan sur Magik 9, à l'invitation de Dieulermeson Petit-Frère et de ses amis, mettra fin aux manifestations de la 22e édition de Livres en folie. Alors que le battage médiatique s'estompe, la lecture de l'œuvre de Marie Vieux-Chauvet va pouvoir débuter dans le silence des lectures attentives. Le Nouvelliste, de son côté, va poursuivre les hommages à la Grande Dame des lettres haïtiennes jusqu'au mois de septembre pour célébrer son anniversaire de naissance en cette année de son centenaire. En attendant, merci de rechercher le sens profond de ce poème reconstitué grâce au manuscrit de Les Rapaces que le journal a pu consulter. Avant de le scinder pour ouvrir les parties du dernier ouvrage écrit avant sa mort, Marie Vieux-Chauvet avait un seul texte que nous publions ci-après. Le chat ? Eh bien, il avait faim De n’importe quoi Alors, il a mangé Le rat. Les pauvres ? Eh bien, ils avaient faim De pain Alors, ils ont mangé Le chat. La police ? Eh bien, elle avait faim De grade Alors, elle a mangé Son prochain. Les chefs ? Eh bien ils avaient faim D’argent Alors pour en tirer profit Ils ont poussé Le chat A manger Le rat Les pauvres A manger Le chat La police A manger Son prochain Que dire d'une société, la nôtre où une autre, quand un tel texte la décrit, décrit l'autorité, la prédation, la violence, la cupidité, lè youn manje lòt qui président aux rapports entre les êtres ? Marie Vieux-Chauvet brosse un portrait implacable dans ce livre au titre si actuel: les Rapaces.