L’éducation relative à l’environnement apparaît comme le nouveau paradigme pouvant expliquer et résoudre les problèmes environnementaux causés par les comportements des êtres humains. De ce constat, la mise en place d’un système éducatif au service de cette problématique serait considérée comme un palliatif aux problèmes causés par les comportements de ces derniers. Cette éducation est conçue comme un processus permanent dans lequel les individus et la collectivité prennent conscience de leur environnement et acquièrent les connaissances, les valeurs, les compétences, l’expérience et aussi la volonté qui leur permettront d’agir individuellement et collectivement pour résoudre les problèmes actuels et futures de l’environnement. La promotion de l’éducation à l’environnement en milieu scolaire constitue le refrain d’un petit groupe qui ne tient pas compte de la question sociale, étant liée à cette problématique. Car l’éducation relative à l’environnement est l’expression même des valeurs préindustrielles sur lesquelles est difficilement fondée l’activité économique nécessaire à la satisfaction des besoins actuels des humains. Le Code rural du Dr François Duvalier, en ses articles relatifs à la protection de l’environnement, défend aux paysans d'abattre les arbres. L’application de ces articles apparaît inefficace car l’abattage des arbres persiste encore à un rythme croissant. Les 26 et 27 octobre 2007, s’est déroulé, à l’hôtel Montana, un forum pour la promotion de l’éducation en milieu scolaire, organisé par le Groupe d’action francophone pour l’environnement (GAFE). À ce forum, le problème de l’environnement a été soulevé et les participants avaient proposé d’étudier ce phénomène dans une perspective paradigmatique de l’éducation. Cette démarche qui visait une Haïti verte ne s’avère-t-elle pas une fiction consciente d’un secteur dominant et réactionnaire? Une telle démarche ne saurait être effective sans préalablement toucher les problèmes réels qui sous-tendent cette préoccupation. Autrement dit, si on n’aborde pas les conditions socio-économiques de la population, la question environnementale restera utopique. Comment arriver à une Haïti verte quand chaque Haïtien n’est pas en mesure de se procurer un réchaud à kérosène ; quand ni le kérosène, ni le propane ne sont pas subventionnés par l’État central, afin de faciliter les utilisateurs ? Somme toute, on ne peut pas appréhender la question de l’environnement sans résoudre la question sociale qu’elle charrie, ainsi que la satisfaction des conditions socio-économiques de la population. En d’autres termes, les problèmes liés à l’environnement doivent être résolus par une politique de l’environnement. Outre de cela, vers une Haïti verte dans dix (10) ans, est-il possible ?