Dépenses publiques ? Haïti reste un mauvais élève de la classe. On n’avance pas. Haïti via ses dirigeants reste un élève peu appliqué ou qui refuse d’apprendre, de respecter les principes élémentaires de gestion rationnelle des ressources ou de bonne gouvernance – ce beau concept inventé par les Nations unies pour jauger les pays. Ici, les indicateurs, le mode de fonctionnement de tous les jours des gouvernants, les dépenses publiques, notre perception de l’Etat, entre autres, montrent que la situation ne va pas changer de sitôt. Même si l’aide internationale a chuté, les dépenses n’ont pas baissé pour autant… Entre mauvais choix budgétaires, financement de projets bidon, et l'incapacité d’identifier les priorités des priorités, l’équation ne semble pas facile à résoudre.
Fraîchement installés à la tête des deux plus grandes municipalités de la région métropolitaine, Wilson Jeudy (maire de Delmas) et Youri Chevry (maire de Port-au-Prince) ont tous deux déploré l’administration dont ils héritent : dettes, matériels et équipements manquants, archives inexistantes, des milliers d’employés sans affectation ou justification réelle de leur emploi… De la gabegie administrative. Une situation qui a conduit les nouveaux maires à mettre en disponibilité la plupart des employés de leur mairie. La marche vers une administration transparente et efficace n'est-elle pas encore longue ?
Les problèmes évoqués par ces deux maires ne sont pas nouveaux, et c’est probablement la pointe de l’iceberg. L’arbre qui cache la forêt. Ici, le renforcement de la gouvernance municipale n’a jamais été une préoccupation fondamentale. La lutte contre la petite et la grande corruption non plus.
Et si les contribuables demandaient vraiment des comptes ? Quelles sont les conséquences de la corruption ? Difficile d’en mesurer l’ampleur, mais on sait tous que la mauvaise utilisation et le gaspillage de fonds publics nuisent à l’économie et au développement de tout pays. Haïti, plus qu’ailleurs, paie le prix fort.
Dès son entrée en fonction le 14 février, Jocelerme Privert – dont le mandat est arrivé officiellement à terme depuis le 14 juin – avait tiré la sonnette sur les dépenses publiques. M. Privert avait déploré la mauvaise utilisation des fonds de l’Etat par l’administration Martelly. A-t-on vraiment avancé ? Qu’est-ce qui a vraiment changé ? Ni l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), ni l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) ou encore la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif n’ont donné suite aux propos de M. Privert qui disait que c’est aux institutions de faire leur travail. Peut-être qu’elles se donnent encore du temps pour agir.
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