Un mois après la fin du mandat de Jocelerme Privert, le Parlement et la présidence continuent à ne pas trouver un terrain d’entente pour passer à la prochaine étape, pour dépasser l’accord signé entre Michel Martelly et les présidents des deux chambres.
Jeudi, une nouvelle convocation de l’Assemblée nationale a échoué. La feuille de route des anti-Privert était assez confuse pour laisser augurer de cet échec et le silence des tenants du pouvoir si assourdissant que personne ne s’attendait à un miracle.
Les deux parties pensent que le temps joue en leur faveur.
Dans cette affaire, Jocelerme Privert, son Premier ministre Énex Jean-Charles, les ministres et amis du gouvernement n’ont pas à se presser. Ils gouvernement tant bien que mal ce qui est encore gouvernable dans ce pays. Les opposants à Privert non plus n’ont aucune urgence. Ce n’est pas la première fois que la minorité dicte les règles du jeu au Parlement, et c’est toujours ceux qui sont au pouvoir qui finissent par faire des concessions, par céder, par partir.
La grammaire du parfait opposant est un manuel ancien et efficace. Michel Martelly en sait quelque chose. Jocelerme Privert l’apprend à ses dépens aujourd’hui. Haïti finit toujours par payer le pot cassé par le cynisme de ses fils.
Alors que le sénateur Jean-Renel Sénatus essaie de s’en faire dossier, plus d’un se demande si le comportement de nos politiciens n’est pas bien plus indécent qu’un clip vidéo érotique ou un film violent. C’est l’essence même de la politique, de la gouvernance, des affaires publiques que nos élus s’acharnent à déstructurer chaque jour, depuis plusieurs années, sous les yeux de toute la population.
Qui va dire un jour à nos élus et à ceux qui aspirent à nous diriger que leurs agissements « troublent le développement normal et harmonieux » de tous les groupes d’âge du pays ?
Il faudrait dire « ça suffit! » aux voleurs de temps, aux pilleurs des caisses publiques, aux mauvais joueurs, sans se poser la question de savoir si cela ne suffira.
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