En prenant la décision de convoquer le peuple dans ses comices le 9 octobre prochain, conformément au calendrier électoral soumis par l’institution électorale, le président provisoire minimise l’action des parlementaires en ce qui a trait à l'expiration de son mandat. Depuis l’ouverture de la deuxième session annuelle du Parlement, le lundi 13 juin dernier, les deux chambres ne parviennent pas à se réunir en Assemblée nationale pour décider du sort du président provisoire. Quatre séances programmées par le bureau de l’Assemblée nationale n’ont pu avoir lieu, faute de quorum requis pour débattre de ce dossier. Les intérêts divergents des groupes politiques au Sénat et à la Chambre des députés empêchent les parlementaires de parvenir à une entente pour juguler la crise politique qui traverse le pays depuis la fin du mandat de Michel Martelly.
Avec la publication de cet arrêté, Jocelerme Privert franchit une nouvelle étape sur le chemin de la réalisation des élections. Cette convocation par arrêté présidentiel concerne l’élection du président de la République, de dix sénateurs dont le mandat arrive à terme en janvier 2017, de six autres sénateurs en ballotage et d’une vingtaine de députés également en ballotage. La maîtrise des différentes opérations électorales, les moyens financiers et la coordination entre l’Office national d’identification (ONI) et l’institution électorale pour la mise à jour des listes électorales, dans tous les bureaux de vote, un mois avant la date des élections, constituent les défis qu’il faut relever pour respecter la date fixée par le président provisoire.
Si le retrait des Etats-Unis du processus électoral ne constitue pas un handicap à la réussite du scrutin, il peut contribuer à nuire au bon déroulement des élections du 9 octobre prochain. Le communiqué du secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, à la suite de la séance avortée en Assemblée nationale le 14 juillet en cours et le voyage de la délégation de la Cour de cassation à Washington la semaine dernière sont des indices susceptibles de prouver la capacité de nuisance des autorités américaines dans le cadre de ce dossier. Au moment où certains secteurs agitent l’alternative de la poursuite de la transition par un juge de la plus haute instance de décision judiciaire du pays, des juges de cette Cour ont fait le déplacement vers la République étoilée la semaine dernière. Il ne sera pas étonnant que l’Organisation des Nations unies se prononce de temps à autre sur ce litigieux dossier électoral.
Sur l’échiquier politique, aucune formation politique n’a exprimé un quelconque refus de prendre part au scrutin du 9 octobre prochain. 149 citoyens, toutes tendances politiques confondues, viennent de s’inscrire en ligne pour participer au renouvellement du tiers du Sénat à la date fixée par l’arrêté présidentiel. Le Parti haïtien Tèt Kale ainsi que d’autres formations politiques continuent d’exiger dans la presse le départ de Jocelerme Privert, dont le mandat, selon eux, est arrivé à expiration depuis le 14 juin dernier.
Le bureau de l’Assemblée nationale peut-il convoquer les parlementaires pour une nouvelle séance sur ce dossier ?
Lemoine Bonneau
lbonneau@lenouvelliste.com
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