A vos plumes, à vos cahiers! L’école est de retour. Après ce 5 septembre, chacun, à son rythme, va reprendre le chemin des cours. De la petite école aux études doctorales, après les vacances, c’est le temps du retour au labeur scolaire.
Ce ne sont pas les murs, ni le mobilier, ni rien de matériel, ni les livres, ni le sac, ni l’uniforme, ni les chaussures, qui détermineront la qualité de cette année scolaire, ce à tous les niveaux. Encore une fois, tout sera une affaire de professeurs et d’élèves. De capacité de transmission et de disposition pour apprendre. Une affaire d’envie. L’envie d’apprendre, l’envie de former.
Ces vingt dernières années, les autorités haïtiennes ont mis l’accent sur la construction d’infrastructures scolaires, sur la distribution de matériels scolaires et d’uniformes, sur la subvention des livres et la disponibilité de la cantine. On a fait croire que l’école devrait être gratuite, qu’elle l’était, qu’elle le resterait.
On a dépensé des milliards de gourdes pour offrir l’accessoire. Tout ce qui, il y a trente ou cinquante ans, n’avait pas vraiment d’importance est devenu indispensable et on évalue la qualité de la rentrée scolaire au poids des milliards dépensés dans le futile.
Hier, chaque parent cherchait une école, une bonne école pour son enfant. Aujourd’hui, avec ou sans parent, on cherche une école gratuite ou pas chère.
Pas une fois, le jour de la rentrée des classes ou pendant l’année, on ne met l’accent sur les professeurs, sur ces maillons indispensables de la chaîne du savoir. Les publicités pour les nouvelles écoles ne passent plus à la radio en citant la liste des professeurs réputés qui assureront les cours, mais en insistant sur les bourses, la modicité de l’écolage, la disponibilité d’un improbable laboratoire informatique ou sur la beauté de l’uniforme.
Même les enseignants ont oublié leur rôle puisqu’on ne parle plus d’eux que pour souligner les arriérés de salaire qui leur sont dus ou pour déplorer leurs grèves inopportunes.
L’école, à tous les niveaux, du préscolaire à l’Université d’Etat en désordre permanent, n’est plus l’école d’hier. Et ce n’est pas pour le meilleur ni pour la qualité.
Jamais, en cette rentrée scolaire, il n’a été plus urgent de rappeler aux parents et aux jeunes qui décident tout seuls du choix de leur établissement que d’écoles, on ne doit chercher que les bonnes, les meilleures que l’on puisse s’offrir et tout faire pour en sortir avec le bagage le plus complet possible.
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