Ce 23 septembre marque le 3e anniversaire de la publication de l’Arrêt 168-13 par la Cour constitutionnelle dominicaine. Cette décision de justice pèse sur le destin de plusieurs centaines de milliers d’hommes et de femmes en République dominicaine qui depuis se cherchent entre les deux pays qui se partagent l’île d’Hispaniola. Ce 23 septembre marque aussi le premier jour depuis la fin du programme dit statut de protection temporaire (Temporary Protected Status - TPS) pour les Haïtiens aux États-Unis d’Amérique. Une période spéciale de six ans se termine pour les émigrés haïtiens aux USA et pour ceux qui rêvaient de ce pays de cocagne. Cette fin de septembre 2016 marque un tournant. Nos deux plus grands bassins de déversement de population, les États-Unis d’Amérique et la République dominicaine, nous ferment la porte au nez. Ils changent les règles de la courtoisie d’accepter nos émigrés. Ils ont aussi décidé de renvoyer en Haïti les plus pauvres de nos concitoyens, les plus criminels, les plus faibles. Il va falloir que nous nous y fassions. Ce coup d’arrêt tombe alors que d’autres pays changent les règles d’accueil ou réfléchissent au problème que pose le transit de milliers d’Haïtiens sur leur territoire. Le gouvernement de Jocelerme Privert parle déjà de comité, de commission, de train de mesures pour accueillir dignement les rapatriés et les déportés. Les gouvernements haïtiens n’ont jamais pu retenir les Haïtiens au pays et encore moins accueillir ceux qui prennent la route du retour, forcés et contraints. La société civile haïtienne non plus. Même dans les familles, cela provoque plus de heurts que d’acceptation. Nous accueillons rarement les bras ouverts ceux qui reviennent sans le vouloir, l’espoir en berne. Cette défaillance n’est cependant qu’une peccadille devant le grand gâchis de toute la société haïtienne qui ne crée pas les conditions pour mettre l’économie en route. Nous échouons à mettre au travail la main-d’œuvre la moins chère du continent américain. Imaginez-vous comment nous sommes nuls ? Chacun devant trouver une explication ou un bouc émissaire pour masquer ses échecs, nous mettons tous nos œufs dans le panier politique et dans la réussite périodique des élections ou l’espoir des changements de régime pour mettre en place le « bon gouvernement » qui prendra les « bonnes mesures » en vue de nous mettre sur les rails du développement, avec tout ce que ce mot contient de rêves… Dans quelques jours, il nous faudra aller aux urnes et choisir nos futurs dirigeants. Ils ne seront que des remplaçants dans un jeu déjà entamé depuis des décennies. Il est temps que nous mettions nos devoirs au propre, que nous nous mettions à l’ouvrage, sérieusement. Il y a urgence. Tan an pare, lapli pral tonbe. Gwo lapli. Eske nou pare ?