Cette COP22 sera l’occasion, selon les cadres du ministère de l’Environnement, d’adopter des mesures adéquates pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris conclu en décembre 2015. La COP22 sera une COP d’action, ont-ils annoncé en présence d’un parterre de journalistes issus de différents médias de l’aire métropolitaine. Les objectifs des organisateurs de cet atelier, en prélude à ce grand rendez-vous mondial, visent à sensibiliser et mobiliser les médias autour des enjeux de la COP22 et les perspectives pour Haïti ; informer les journalistes sur la participation d’Haïti au processus de négociations sur le climat ; et enfin, informer les journalistes sur le cadre légal et institutionnel de la lutte contre le changement climatique. Dans ses propos d’ouverture, Martine Therer, directrice adjointe-programme au PNUD, a rappelé le rôle important que les journalistes ont « à jouer en informant le public des enjeux des changements climatiques et en appuyant les efforts de sensibilisation sur les mesures d’adaptation qui permettront de réduire l’impact des aléas climatiques sur le bien-être de la population. » « Plus la population est informée […], plus elle est éduquée et sensibilisée, mieux elle peut se préparer et limiter les dégâts. C’est [là] l’importance des journalistes », a-t-elle précisé. Pour sa part, Emmanuel Sildor, membre de cabinet au MDE, estime que les journalistes ont « un grand rôle à jouer dans la promotion et la vulgarisation des informations environnementales en vue d’une prise de conscience nationale pour l’application de l’accord de Paris et la mise en œuvre de la contribution d’Haïti pour lutter contre les changements climatiques. » Dans un contexte de grande vulnérabilité du pays aux effets du changement climatique, Emmanuel Sildor, poursuivant son explication, reconnaît que les médias disposent d’un moyen puissant leur permettant d’orienter les comportements des citoyens et leur style de vie ainsi que la lourde tâche de traduire en termes concrets les manifestations et les conséquences des changements climatiques en Haïti. « Le défi à relever [pour les journalistes] est de rendre les articles et les reportages plus pertinents pour le public », a-t-il souligné. Haïti s’apprête à participer à cette 22e Conférence des parties (COP22) de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) alors qu’il est en train de définir son plan de relèvement postMatthew et sa politique de lutte contre les changements climatiques. C’est l’occasion, juge Martine Therer, de mettre en avant l’importance d’une gouvernance qui prend en considération la réalité des changements climatiques et de leurs impacts, la nécessité de doter le pays d’outils d’adaptation efficaces ainsi que les opportunités de développement économique dans l’économie verte. Elle en a profité pour réaffirmer l’appui du PNUD aux efforts d’adaptation d’Haïti pour un développement durable et inclusif. L’atelier d’information s’est donc poursuivi avec les présentations de Vovener de Verlands Edmond, consultant au MDE, autour du cadre institutionnel haïtien de lutte contre les changements climatiques et implication de la société civile et des partenaires techniques et financiers et de Raoul Vital, autre cadre de ce ministère, sur les informations pratiques sur la participation d’Haïti à la COP22. En marge de cet atelier d’information, un concours a été organisé et supervisé par Dorine Jean-Paul, directrice de programme au PNUD et point focal pour cet organisme au Fonds vert pour le climat, et Marie Jeanine Moïse, responsable au MDE, en vue de choisir deux journalistes qui seront envoyés au Maroc pour couvrir la COP22. Un concours qui a été remporté par les journalistes Jacky Marc de Minustah FM et Patrick Saint-Pré du journal Le Nouvelliste et de Magik 9. La délégation haïtienne se rend au Maroc dans les prochains jours sans qu’au préalable le Parlement ait ratifié l’Accord de Paris. Cet accord, dont les seuils ont été franchis le 5 octobre 2016 grâce à la ratification de l'Union européenne, entrera en vigueur le 4 novembre, soit quelques jours avant le début de la COP22. Les seuils de 55 pays et 55 % des émissions de gaz à effet de serre ont donc été franchis, permettant l'entrée en vigueur de cet accord universel sur le climat.