Le dimanche 20 novembre dernier, ce n’est pas seulement en vue d’élire un président que des Haïtiens se sont déplacés pour jeter un bulletin dans l’urne. Ils ont aussi voté pour désigner des sénateurs dans tous les départements du pays, des députés dans certaines circonscriptions et, dans une rare municipalité, pour un maire et ses adjoints. Toute l’attention est braquée sur le prochain président, mais il ne pourra pas gouverner s’il ne dispose pas d’une majorité homogène au Parlement, dans les deux chambres. En 2011, Michel Martelly est arrivé au pouvoir avec trois députés de son parti. On connaît la suite. Ses tentatives ratées pour faire ratifier deux premiers ministres et le coût que le Trésor public a dû supporter pour lui payer une cohabitation avec des alliés de circonstance. Un parlementaire coûte cher. Encore plus cher quand il vous soutient sans être de votre chapelle politique. Qu’en sera-t-il en 2016 ? Au Sénat, c’est seize postes de sénateur qui sont en jeu. En un mot, la majorité absolue de ce corps qui compte trente sénateurs va faire son entrée au Bicentenaire quand le processus sera complété. A la Chambre des députés, vingt-cinq nouveaux élus prendront siège l’année prochaine. Pour ce qu’il s’agit des maires, seule la ville de Côtes-de-Fer n’a pas encore une édilité élue à sa tête. Il est une habitude en Haïti de ne pas accorder trop d’importance aux législatives, et municipales. Au vu des résultats des élus, cela devient de plus en plus compréhensible. Il demeure cependant indéniable qu’ils ont un pouvoir immense. Dans les villes, les maires peuvent décider de tout et le Parlement voter toutes sortes de lois pour orienter le pays dans n’importe quelle direction. Le pouvoir de ces responsables, qui arrivent au pouvoir sans tambour ni trompette, est énorme.