Le secrétaire général de l’ONU a présenté jeudi de nouvelles excuses au peuple haïtien pour l’introduction du choléra dans le pays. Ban Ki-moon, après avoir, pendant des années, nié toute implication de son organisation dans l’introduction de la maladie en Haïti, avait fini par reconnaître ses responsabilités morales dans la propagation de l’épidémie dans le pays. Un premier plan concocté pour éradiquer la maladie n’a pas donné les résultats escomptés. Ban Ki-moon le reconnaît lui-même dans son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU.
Si le choléra reste une épée de Damoclès sur la tête des Haïtiens, notamment les plus vulnérables qui n’ont pas accès à l’eau potable, la maladie constitue l’un des nombreux passifs de l’ONU en Haïti. Après 12 ans sur le terrain, la stabilisation du pays reste un vœu pieux en dépit des milliards de dollars investis dans la Minustah. La crise politique haïtienne, l’épidémie du choléra, la reconstruction manquée après le séisme du 12 janvier 2010 contrediront toux ceux qui tenteront de dire le contraire. Le bilan de l’ONU traduit fidèlement les limites de l’aide internationale.
Ban Ki-moon, qui a visité Haïti à plusieurs reprises, est en fin mandat. Comment faut-il interpréter son nouveau discours sur le choléra ? S’agit-il d’un coup de pub d’un diplomate en fin de mandat ? À quoi peuvent servir ses regrets et ses nouvelles excuses au peuple haïtien qui a déjà payé un lourd tribut à l’épidémie du choléra ? À côté de l’image du pays, terni davantage, des centaines de milliers de familles en sont victimes. Certains pleurent le départ d’un être cher emporté par la maladie, d’autres vivent avec les séquelles laissées par l’épidémie. Les excuses aux victimes serviront à quelque chose si elles sont accompagnées d’actions concrètes visant à aider le pays à stopper la propagation, voire à éradiquer le choléra.
Le secrétaire général sortant de l’ONU le sait mieux que quiconque. Il a pris le soin d’annoncer un nouveau plan pour aider le pays à combattre la maladie. N’est-ce pas une bonne idée ? Si l’idée est bonne, rien ne laisse croire que ce nouveau plan ne va pas connaître le même sort que le premier. L’ONU va avoir un nouveau secrétaire général, Haïti aura aussi un nouveau président. Le financement de la lutte contre le choléra dépendra de la place qu’ils accorderont audit dossier et de leur capacité de l’inscrire dans l’agenda des bailleurs de fonds. Sans quoi, Haïti va continuer à compter ses victimes du choléra sous les yeux de l’Onu et de ses partenaires.
Éradiquer le choléra en Haïti ne dépendra pas seulement du respect des engagements de l’ONU envers Haïti. Un travail de longue haleine qui exige d’importants investissements dans le domaine de l’assainissement et dans d’autres domaines. Il revient de donner à chaque Haïtien l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires et de trouver la bonne formule pour gérer nos déchets. Voilà un parmi les défis qui attendent la prochaine équipe qui prendra les rênes du pouvoir au début de l’année prochaine. Qui parmi ceux qui veulent prendre le pouvoir à tout prix en est conscient ? Est-il inutile de rappeler que le pouvoir a ses privilèges et aussi ses responsabilités ?
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