Le Conseil National d'Observation (CNO), le Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques (CONHANE), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le Centre d’Analyse et de Recherche en Droit de l’Homme (CARDH) et la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH). Ce sont respectivement les cinq organisations qui composent la COE. Versées depuis plusieurs années dans l'observation du processus électoral haïtien, ces organisations viennent de rendre public leur rapport détaillé relatif à l'observation électorale. Tenant compte de la situation préélectorale et du contexte sociopolitique général, la COE estime que le scrutin qui s'est tenu dans le pays est acceptable à tous les points de vue. De plus, le matériel électoral était de bonne qualité et en quantité suffisante. Les isoloirs ont permis de respecter le secret du vote, sauf dans les cas où ils ont été mal placés. L'encre utilisée pour marquer le doigt des électeurs ayant déjà voté était effectivement indélébile. La liste électorale partielle, disponible, était affichée dans 98.42% des centres de vote observés par la Coalition. Par ailleurs, la COE remarque que, de manière générale, l’ouverture tardive de quasiment tous les centres de vote n'a pas eu de répercussions sur le taux de participation des électeurs qui est, selon la Coalition, de 21%. Les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), estime la COE, ont fourni un travail remarquable, occupant les rues, intervenant lorsque cela était nécessaire et sécurisant la population tout entière. « Au total, quarante-trois (43) personnes ont été arrêtées. Plusieurs d'entre elles avaient en leur possession un lot de Cartes d'identification nationale et certaines détenaient de fausses cartes d'accréditation de partis politiques », note la Coalition, qui a également remarqué une faible présence de mandataires des partis politiques dans les bureaux de vote, contrairement aux élections antérieures. LAPEH, PHTK, Fanmi Lavalas, Pitit Dessalines et Renmen Ayiti sont les partis politiques qui, au gré de la COE, avaient une plus forte présence de mandataires. Les mandataires des partis politiques susmentionnés, ainsi que les partisans et sympathisants, au jour du scrutin, ont exercé des pressions sur les électeurs pour forcer ces derniers à voter leurs candidats à la présidence, ont déploré les observateurs. Outre cela, la Coalition considère que les problèmes, incidents de fraude et incidents de violence enregistrés le 20 novembre 2016, évalués respectivement par la Coalition à 27.4 %, 6.45 % et 7.87 %, n'ont pas eu de répercussions directes sur le scrutin parce qu'à chaque fois, le personnel électoral présent s'est arrangé pour assurer la reprise des opérations de vote. Mieux formé, le personnel électoral, présent au complet dans les centres de vote à 91.11 %, a fourni un travail dont la satisfaction est estimée à 77 % par la Coalition. Cependant, il convient de souligner que beaucoup reste encore à faire, notamment du côté des membres des bureaux de vote qui ont, en de nombreux points, donné l'impression d'être perdus dans leurs tâches. La Coalition reste convaincue qu'il est inacceptable que près de 3 % des centres de vote aient été installés dans des maisons privées et dans des maisons appartenant aux CASEC car, il s'agit dans le premier cas de propriétés de personnes qui peuvent avoir des accointances politiques et dans l'autre cas, de personnalités politiques qui sont affiliées à un parti politique. « Il est déplorable qu'une bonne frange de la population n'ait pas pu voter », se désole la Coalition, qui souligne que l’identification des électeurs reste un problème à solutionner. Sur la tabulation des votes « La Coalition estime que le CEP a redoublé d'efforts pour publier, à la huitaine, les résultats des élections, tel que promis. Elle croit aussi que le Centre de Tabulation des Votes (CTV) a travaillé avec plus de transparence, ce d'autant plus que le directeur du centre s'est toujours mis à la disposition des observateurs et des représentants des partis politiques pour fournir les explications sur les étapes du processus ou sur toute autre question », conclut la Coalition. Enfin, elle est persuadée que depuis le montage de ce CEP, les autorités électorales ont fait l’effort de transparence dans les différentes étapes des opérations électorales. En ce sens, elle recommande au CEP de rendre identiques les Listes électorales partielles et la Liste d'émargement pour éviter que des électeurs ne puissent voter plus d'une fois ; de juger et condamner les électeurs et les mandataires de partis politiques qui se sont rendus coupables d'actes de fraude électorale ; d’élaborer des critères objectifs de sélection et de rejet dans le traitement des procès-verbaux et de porter le personnel électoral à respecter les règlements du CTV en particulier et du CEP en général.