Les avocats des trois partis contestataires se présenteront ce mercredi devant le Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) pour plaider les causes de trois candidats à la présidence, respectivement Jude Célestin, Moïse Jean-Charles et Maryse Narcisse. Lundi, l’audience n’a pas été tenue en raison d’une exception soulevée par les avocats de ces trois candidats. Le tohu-bohu, qui accompagnait les contestations des hommes de loi, a poussé le président du BED de l’Ouest à renvoyer l’audience à ce mercredi.Tout porte à croire qu'il s’agit bien d’une stratégie ourdie par ces avocats pour empêcher la tenue de l’audience afin de faire passer le temps. Pourront-ils continuellement créer une atmosphère incompatible au fonctionnement du tribunal ? Au BCED, il est question pour le tribunal d’entendre les avocats des parties qui contestent les résultats publiés par le Conseil électoral provisoire. Ne pouvant pas connaître des litiges qui se rapportent aux contestations soulevées par les candidats à la présidence dans les autres départements, le Bureau du contentieux électoral départemental va se déclarer incompétent pour trancher les contestations soulevées dans les autres départements. C’est ce qui va permettre aux avocats de ces trois candidats de saisir le Bureau du contentieux électoral national (BCEN). A entendre l’un des trois avocats annoncer qu’il récuse les membres du BED, on comprend qu’il s’agit d’un scénario conçu pour bloquer le fonctionnement du BCED. Ce tribunal doit comporter un membre du Bureau électoral départemental, un avocat choisi parmi ceux qui ont été sélectionnés par la Fédération des barreaux d’Haïti et un juge provenant du décanat de la juridiction de Port-au-Prince. Le tribunal électoral étant un tribunal d’exception, comment un avocat peut-il récuser les juges d’un tribunal non encore constitué ? Cet homme de loi avait-il un différend dans le passé avec les trois membres du BED ? Quel motif cet avocat va-t-il évoquer pour justifier la récusation ? Les trois avocats doivent plaider trois causes distinctes. L’avocat de Jude Célestin va rejeter les résultats pour cause d’irrégularités. Dans ce cas, il va devoir prouver ces irrégularités que le candidat à la présidence dit constater dans le scrutin. Celui de Moïse Jean-Charles doit plaider pour que le candidat de Pitit Dessalines aille au second tour avec Jovenel Moïse. C’est le seul perdant qui accepte que Jovenel Moïse est en première position. Le troisième avocat va probablement plaider la victoire de Maryse Narcisse. Sans nul doute, cet avocat dispose de procès-verbaux pouvant justifier la victoire de la candidate Lavalas. Si ces avocats disposent d’arguments et de pièces pour faire valoir leurs recours au BCEN pourquoi empêchent-ils le BCED de tenir audience ? L’observateur qui suit l’évolution du dossier des élections de 2016 pourrait évoquer la publication dimanche soir des résultats préliminaires des législatives complémentaires et du tiers du Sénat pour se faire une idée de la présidentielle. Si les candidats du PHTK ont pu rafler ces sièges aux élections complémentaires et se trouvent en meilleure position dans les dix départements, sur quoi peut-on s’appuyer pour mettre en doute la victoire de Jovenel Moïse dans la présidentielle si les avocats des trois candidats ne parviennent pas à prouver qu'il y avait fraude ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com