Sans surprise, le Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) de l'Ouest s’est déclaré, jeudi, incompétent pour statuer sur les trois cas de contestation soulevés par les avocats des candidats à la présidence Jude Célestin, Jean-Charles Moïse et Maryse Narcisse, après la publication des résultats préliminaires de la présidentielle du 20 novembre dernier. Tenant compte de ses limites territoriales pour décider sur des cas de contestation touchant les dix départements, le tribunal a reconnu son incompétence. La voie est ouverte aux avocats des candidats contestataires pour saisir le Bureau du contentieux électoral national (BCEN). Conformément au décret électoral. Irrégularités, fraudes et manquements signalés par les avocats des candidats contestataires, à l’occasion de leur déposition devant le BCED, feront l’objet de débats au BCEN. Tous les regards seront dirigés sur ces audiences qui seront tenues probablement la semaine prochaine pour boucler la boucle de ce scrutin présidentiel qui date déjà de vingt mois. Le Centre de tabulation des votes (CTV) sera une nouvelle fois sous les feux des projecteurs. Qu’il s’agisse de la vérification de procès-verbaux, du contrôle des feuilles de comptage ou de tous les autres objets de contestations, les avocats frapperont à la porte du CTV pour faire la lumière sur la publication des résultats préliminaires de la présidentielle du 20 novembre dernier. Dans un sens comme dans l’autre, les partis contestataires, le secteur privé et différentes couches de la population attendent impatiemment le déroulement de ces audiences pour que le sort de ce scrutin présidentiel soit enfin scellé. Il est assez difficile de répertorier le nombre de véhicules endommagés et incendiés par les manifestants sur la route de Delmas et ses environs depuis la publication des résultats préliminaires par le CEP. Des baies vitrées de plusieurs magasins ont été brisées par des manifestants en furie. A l’appel du parti Fanmi Lavalas, d’autres manifestations seront organisées au moment où le parti exerce un recours devant les organes contentieux du Conseil électoral provisoire. Nombreux sont ceux qui croient que le recours exercé par le parti de l’ancien prêtre est incompatible avec la mobilisation populaire prônée par la candidate à la présidence. Cette stratégie peut-elle être considérée comme une pression exercée par le parti sur l’institution électorale ? La pression de la rue peut-elle contraindre le BCEN à prononcer un verdict non conforme au décret électoral ? Quel verdict du BCEN pourrait être favorable à la candidate de Fanmi Lavalas qui se trouve en quatrième position ? En prenant la décision de publier sur son site tous les procès-verbaux traités par le CTV, le Conseil électoral a voulu jouer la carte de la transparence dans le cadre de cette compétition électorale. Les partis politiques, les organisations de la société civile ainsi que les médias avaient applaudi cette initiative du CEP. Aujourd’hui, comment peut-on accuser l’institution électorale sur les résultats des élections ? En aucun cas, les pressions de la rue ne devraient modifier les résultats des élections. Les candidats à la présidence qui disposent de procès-verbaux pouvant justifier leur victoire, qu’ils les soumettent à l’appréciation du Bureau du contentieux électoral national par le biais de leurs avocats. Cette manifestation de la vérité permettra de faire la lumière sur les irrégularités constatées lors du déroulement du scrutin. Toutes les autres contestations assorties de preuves pourraient faire l’affaire des candidats contestataires. La pression de la rue et les recours des avocats sans preuves ni justification ne pourront pas changer la donne si l’on s’en tient à la vitalité du processus démocratique.