La rentrée parlementaire du deuxième lundi de janvier de cette semaine a été l'occasion pour le président provisoire Jocelerme Privert de faire l’exposé général de la situation du pays, pour l’année 2016, et le Premier ministre Enex Jean-Charles de présenter le bilan des actions du gouvernement. Il s’agit d’une étape indispensable franchie dans le cadre de la normalisation des institutions du pays. L’absence d’élections législatives à la fin de l’année 2014 avait créé le dysfonctionnement du Parlement en janvier 20105, car les dix sénateurs restés en poste ne pouvaient adopter aucun acte législatif. La publication des résultats définitifs de la présidentielle et des législatives partielles et complémentaires du 20 novembre 2016, par le Conseil électoral provisoire, le 3 janvier 2017, est à l’origine du renforcement de l'effectif des deux chambres qui a rendu possible la rentrée parlementaire du lundi 9 janvier 2017. 20 sénateurs et 117 députés sont en poste pour effectuer les travaux législatifs dans les deux assemblées du Parlement. Cet effectif ouvre la voie à la prestation de serment du président élu, Jovenel Moïse, le 7 février 2017. Il en est ainsi, car le président élu prête serment devant les deux chambres réunies en Assemblée nationale. 16 sénateurs et 60 députés seront nécessaires pour la cérémonie du jour. A la Chambre des députés, le poids de la majorité regroupée au sein de l’Association des parlementaires pour Haïti (APH) n’a donné lieu à aucune opposition aux principaux candidats uniques dans les postes respectifs. Ce groupe parlementaire, qui dispose d’une majorité absolue au sein de la Chambre basse, va disposer d’un grand nombre de présidents des commissions afin de renforcer son poids à l’intérieur de la Conférence des présidents qui représente le deuxième organe de cette Chambre sur le plan décisionnel. Plusieurs partis politiques se sont déjà réunis avec les députés élus sous leur bannière afin de se positionner au sein des blocs politiques. Mis à part le bloc majoritaire constitué des députés du PHTK et alliés, d’autres blocs sont en gestation dans l’objectif de se faire représenter au sein de cet organe important. Au sein du Sénat, la configuration est différente. La lutte entre les deux sénateurs alliés du PHTK, proches parents, pour le contrôle de la présidence du Grand Corps complique la situation dans cette assemblée. 13 sénateurs se rangent dans le camp du PHTK et alliés, trois sont des proches de Fanmi Lavalas et quatre autres ne figuent dans aucun camp. Si la plupart des pères conscrits au sein du bloc majoritaire ne sont pas favorables au sénateur Carl Murat Cantave en raison de son agressivité, d’autres ne souhaitent pas non plus le sénateur Latortue à la tête du Sénat par rapport à son passé controversé. Ce duel peut favoriser le retour de Joseph Lambert, homme expérimenté, mais un peu décrié dans l’opinion publique. Les discussions entre les pères conscrits pour le contrôle de la présidence du Sénat doivent trouver une issue à la fin de cette semaine. Mardi prochain sera le jour décisif pour l’élection et l’installation d’un nouveau bureau qui sera inévitablement proche du parti majoritaire. Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com