Le Nouvelliste a reçu en ses locaux la visite du président élu Jovenel Moïse. Ce dernier a visité d’autres médias de la capitale ce vendredi dans le cadre de ses tournées dans les institutions haïtiennes. Ces quarante dernières années, des présidents de la République, des premiers ministres et des ministres ont franchi la porte du doyen de la presse haïtienne. Pour les présidents, Michel Martelly avait initié la tradition, Jocelerme Privert l’a poursuivie et le président élu vient de lancer une nouvelle mode en faisant une visite de courtoisie avant même de prêter serment. À chacune de ces visites, et ce vendredi ce fut encore le cas, lors d'un tête-à-tête avec la direction et avec le chef de la rédaction, nous nous sommes évertués à avoir un dialogue franc et sincère avec le président et d'autres autorités en charge du destin de la nation. À chaque fois, nous avons rencontré des responsables imbus de leurs responsabilités, porteurs d’ambitions nobles et voulant dépasser les limites du passé. Jovenel Moïse, qui était à sa troisième visite officielle au Nouvelliste depuis qu’il est candidat, a pris le temps de nous expliquer ses projets pour plusieurs secteurs. La vision du président élu pour l’énergie, l’emploi, l’agriculture, la justice, le renforcement institutionnel et la cohabitation avec le Parlement a particulièrement retenu notre attention. Sur chaque sujet, le prochain président veut apporter au plus vite des redressements en promettant des réformes ou des quasi-révolutions. Pour avoir rapporté dans nos pages ses points de vue quand il était entrepreneur, pour avoir vu sortir de terre les premiers plans de la plantation d’Agritrans qui finiront par donner le nom de « Nèg bannann nan » à Jovenel Moïse, de ce que nous savons, ici au Nouvelliste, de son énergie et de sa persévérance, nous ne doutons nullement qu’il tâchera de faire de son mieux à la tête du pays. Cependant, parce que nous pratiquons dans cette maison, ce pays, depuis le XIXe siècle, nous souhaitons du courage et un grand sens du discernement au 58e président d’Haïti. Il en aura besoin pour conduire son mandat. Devant chaque président, devant chaque responsable haïtien, le sillon des chemins faciles de l’échec assuré est tout tracé. A Jovenel Moïse de ne pas se laisser bercer par le chant des cigales ni guider par le ballet des sauterelles qui dévastent le pays, récolte après récolte. Bonne route et bonne chance, Monsieur le Président !