Une chose est certaine, dans le budget 2017-2018, il y aura des taxes et redevances nouvelles et augmentations d’anciennes ponctions. À partir d’octobre 2017, si le budget est adopté tel que proposé, les contribuables haïtiens vont payer plus cher : passeport, carte d’identité, permis de conduire et certaines contraventions. Le fermage de terrain de l’État, les impôts locatifs et sur le revenu seront revus à la hausse. Liqueurs, cigarettes et certains produits de beauté rapporteront plus à l’État à partir d’octobre.
Pour financer la vision du gouvernement, il faudra que les Haïtiens mettent la main à la poche plus profondément.Chacun en ce qui le concerne.
D’un autre côté, devant les chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM, mardi, le président Jovenel Moïse a sollicité le support des États membres de l’organisation pour faire aboutir le processus de négociations visant la révision de la liste haïtienne de concessions tarifaires convenues avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« C’est un travail obligé, parce que les engagements pris par Haïti en accédant à l’OMC en 1995 ont eu pour conséquences, entre autres, la mise en œuvre d’une politique commerciale qui a déstructuré la base de la production nationale, accentué la dépendance du pays, la perte massive d’emplois, et réduit la capacité du pays à appliquer le Tarif extérieur commun (TEC) de la CARICOM », a soutenu Jovenel Moïse, indiquant que les négociations sont actuellement en phase d’être finalisées.
Le processus d’intégration d’Haïti au marché unique de la CARICOM est un autre chantier sur lequel le quinquennat du président Moïse va se focaliser. En effet, le chef de l’État haïtien compte poursuivre les efforts déjà entamés pour l’harmonisation des normes haïtiennes avec celles en vigueur au niveau de la région, pour la certification des produits d’origine communautaire ainsi que pour notre accommodement au tarif extérieur commun de la CARICOM. « Ces mesures sont indispensables à l’intégration effective de mon pays au marché unique de la CARICOM », a convenu le chef de l’État devant ses pairs.
Ces deux objectifs, renégocier avec l’OMC pour relever les tarifs douaniers et nous soumettre au tarif extérieur commun de la CARICOM vont provoquer une hausse des prix sur les produits concernés, il n’y a pas de doute.
La République dominicaine n’étant pas membre de la CARICOM et l’un de nos principaux partenaires commerciaux, que va-t-il se passer à la frontière poreuse qui relie les deux pays ?
Pour le moment, le président Moïse n’a pas annoncé de mesure pour permettre aux douanes haïtiennes de collecter ce qui est dû à l’État haïtien des suites des échanges entre les deux pays qui se partagent l’île. L’emphase n’est pas encore mise sur la nécessité de stopper l’hémorragie qui dure depuis des années.
Comme pour les administrations précédentes, la très mal nommée contrebande entre les deux pays continue de passer au grand jour, sur des axes routiers officiels, au vu et au su de tous, sans provoquer de réaction.
Haïti ne collecte pas des millions de dollars en dépit du très faible taux d’imposition, on peut se demander combien le pays espère capter avec un relèvement des taxes.
Jovenel Moïse a-t-il un plan pour réguler les flux entre les deux pays ? Le gouvernement haïtien se rend-t-il compte que plus de taxes sur les produits importés sera un appel d’air pour plus de contrebande ?
Pour les amis d’Haïti, ceux avec qui nous faisons commerce et achat de service, on verra… Pour les contribuables haïtiens, pap gen wout pa bwa !
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