L’une des meilleures facultés de médecine du pays a fermé ses portes depuis plus de trois mois. Les cours de médecine, de pharmacie et de sciences de la santé de l’Université Notre-Dame d’Haïti ne sont plus dispensés et cela ne semble inquiéter personne outre mesure. Les étudiants qui ont scié la branche de leur alma mater, les professeurs et dirigeants de l’Institution, les parents qui se sacrifient pour offrir une éducation de qualité à leur progéniture, tout ce beau monde attend un miracle.
Le Centre ambulancier national (CAN) a fermé ses portes lundi. Les employés, réclamant de meilleures conditions de travail, manifestaient dans les rues ce jour-là quand un communiqué du ministère de la Santé publique et de la Population a mis fin jusqu’à nouvel ordre aux services qu’offrait ce centre de transport de malades et d’accidentés. En fait de transport, les beaux jours du CAN étaient du passé. Sur les 30 ambulances à l’ouverture en 2012, il ne restait que les 443 employés, dont 80 chauffeurs. Quelque chose cloche dans le projet. Sauf miracle, il est à craindre que le Centre ambulancier national reste fermé.
Cette semaine également on a appris que le beau et flambant neuf hôpital des Gonaïves est un éléphant blanc. Un de ces projets, un de plus, que la coopération internationale nous offre que nous sommes incapables de faire fonctionner convenablement. On aura beau dire que le centre hospitalier était surdimensionné, qu’il était mal situé, que les Canadiens ont fait comme bon leur semblait sans écouter les avis locaux, il demeure que c’est l’inaptitude du ministère de la Santé publique qui revient une nouvelle fois sur le tapis. Que les luttes politiques et la petite corruption ambiante dans l’Artibonite aient aggravé le cas, cela n’enlève rien à notre responsabilité dans les malheurs de ce cadeau comme dans tant d’autres cas.
Pour revenir au ministère de la Santé publique et de la Population, on doit se demander comment font les titulaires de ce ministère pour dormir sur leurs deux oreilles quand on connaît le nombre d’étudiants de nos facultés de médecine qui ne suivent pas leur cursus de formation dans les meilleures conditions. Comment ils font pour ne rien entreprendre en vue de résoudre les problèmes d’organisation des internats et résidence en médecine. Comment ils font pour avoir sur leur responsabilité autant de centres hospitaliers et de services ; le Centre ambulancier national n’en est qu’un parmi d’autres, qui ne fonctionnent pas.
Pendant des années, des décennies, la médecine haïtienne, en dépit des faiblesses du pays, accomplissait des miracles. Nous sommes en train de perdre cette capacité alors que les faiblesses et la population augmentent. En êtes-vous conscients chers ministres de la Santé publique et de la Population d’hier, d’aujourd’hui et de demain ?
La direction des facultés, le contrôle de leur évolution, la direction des services et centres hospitaliers, la responsabilité de la santé, de la médecine et de la population, tout est à la charge de médecins qui devraient pouvoir se parler et résoudre ensemble des problèmes qui les concernent, qui nous concernent. Qui va prescrire les remèdes après un bon diagnostic, sinon eux-mêmes ?
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