Si une élection présidentielle se tenait ce dimanche, l’homme de la banane serait sans doute réélu. Cela ne signifie par pour autant que tout va bien et que l’avenir s’annonce sans incertitude. Président de la République depuis le 7 février 2017, le président Jovenel Moïse jouit d’une période de grâce sans nuage. L’opposition est désorientée. Aucun gros écueil ne s’est dressé sur sa route. Le président a pu faire passer une augmentation des prix des produits pétroliers en amadouant les syndicats de transport public et il a survécu sans trop de soucis à l’ajustement du salaire minimum. Il y a une multitude de grèves, à chaque fois, une commission ou ses alliés au parlement l’aident à gérer les demandes. Dans tous les cas, le président a su trouver la bonne posture pour ne pas être en opposition frontale avec ceux qui veulent plus : nos fameux syndicats.

La population, jusqu’à cette date, n’a rien à reprocher au président. Jovenel Moïse n’a pas pris de mesures impopulaires. Il n’a pas commis de fautes ni lâché de déclarations incendiaires. Il y a eu des écarts de langage comme « Le président a parlé. Point barre ! », mais dans l’ensemble, rien de grave ne s’est produit ces six derniers mois qui pourrait altérer la relation de confiance.