L’arrivée à Port-au-Prince, cette semaine, du secrétaire américain aux Affaires hémisphériques au Département d’Etat pourrait être liée à la crise qui secoue notre pays depuis le vote de la loi de finances par le Sénat et la Chambre des députés. Les turbulences enregistrées depuis un mois, en signe de mécontentement au vote et à la publication de cette loi par le président Jovenel Moïse, ne laissent pas indifférent le gouvernement américain. Si Kenneth Merten justifie sa présence en Haïti dans la perspective de participer à une réunion concernant le Parc industriel de Caracol (PIC), il croit cependant nécessaire de dialoguer avec différents secteurs dans le cadre de cette tournée. Ces visites d’officiels américains en Haïti et dans d’autres pays du sous-continent s’effectuent le plus souvent à l’occasion de crises politiques. Quand ces officiels s’entretiennent avec différentes personnalités du terroir pour trouver une solution ou pour s’enquérir des subtilités d’une crise politique, le pouvoir en place perd une partie de sa légitimité dans la conduite des affaires de l’Etat.

Les agences de presse internationale et des puissants médias américains ont fait leurs choux gras, depuis ces trente derniers jours, des manifestations violentes des partisans de l’opposition et les appels à la grève générale des syndicats des transports en commun. Longtemps déjà mal aimée par la presse internationale, Haïti est sur le point d’être qualifiée à nouveau de pays instable de la région si les turbulences politiques se poursuivent. Le communiqué de l’ambassade américaine le 17 septembre dernier, demandant à ses ressortissants d’éviter certains endroits réputés dangereux, à l’occasion de la grève générale du 18 septembre, devrait être considéré par les autorités de Port-au-Prince comme un signe avant-coureur, eu égard à la conjoncture marquée par les contestations de toutes sortes soulevées par l’opposition et les syndicats sur le dossier du budget 2017-2018.