La désinvolture de la plupart de nos dirigeants dans la conduite des affaires de l’Etat a toujours été à l’origine des tensions entre les pouvoirs exécutif et législatif. En janvier 1999, le président René Préval fit savoir qu’il constata la caducité du mandat de la Chambre des députés et d’un tiers du Sénat. Cette décision souleva la colère des députés et des sénateurs et une crise politique pointa à l’horizon. Il avait raté l’opportunité de mettre en branle la machine électorale en 1998 afin d’éviter le vide législatif en janvier 1999. D’autres crises politiques prirent naissance à la suite du non-respect des échéances électorales. Les élections de 2000, 2010, 2011 et 2015 furent organisées après la fin du mandat des élus au niveau territorial et législatif.
Ce déséquilibre créé au niveau électoral va se répercuter dans les différents compartiments de l’organisation de l’Etat. Alors que la loi mère avait prévu un Conseil électoral provisoire pour organiser les premières élections de l’après-Duvalier et ensuite un Conseil électoral permanent, les trois présidents qui se sont succédé n’ont jamais créé les conditions pour la mise en place du Conseil électoral permanent. Les dernières élections législatives ont été organisées en 2015 pour le renouvellement de la Chambre des députés et de deux tiers du Sénat, étant donné qu’un autre tiers du Sénat était encore en poste et que son mandat devait arriver à échéance en janvier 2017. La Constitution amendée stipule que le mandat de la Chambre des députés forme une législature et dure quatre années. Celui du Sénat se renouvelle par tiers tous les deux ans. Traditionnellement, la législation électorale en vigueur fixe la durée du mandat des sénateurs quand il y a renouvellement de deux tiers ou la totalité des sénateurs. Celle de 2015 n’avait pas fixé la durée du mandat des sénateurs qui ont obtenu le plus grand nombre de voix dans leur département ainsi que leur poursuivant immédiat.





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