Dans son discours devant les deux chambres réunies en Assemblée nationale, le lundi 8 janvier 2018, selon les prescrits de la Constitution haïtienne en vigueur, le président Jovenel Moïse a présenté l’exposé général de la situation du pays. Il s’est adressé au peuple haïtien tout au long de son exposé en lieu et place des parlementaires, en mettant l’accent sur la plupart des dossiers d’intérêt public. Misant sur un plan de développement qui doit s’étendre sur 25 ans, Jovenel Moïse estime qu’il est un impérieux devoir d’affronter l’avenir avec intelligence dans la perspective de laisser un héritage meilleur aux générations futures. Il s’est félicité de l’harmonisation des rapports entre l’exécutif et le législatif, qui, traditionnellement, évoluent en dents de scie. Sans ambages, le président de la République a touché du doigt la plaie qui caractérise la barbarie des officiels des pouvoirs exécutif et législatif sur la voie publique avec des véhicules munis de gyrophare vociférant de la sirène de manière ininterrompue.
Il ne se passe pas un jour sans qu’un conducteur de véhicule privé soit victime de la sauvagerie de chauffeurs d’officiels sur la voie publique. Ces officiels de ces deux grands corps de l’Etat au volant de grosses cylindrées causent des dommages sur des véhicules privés. Sans considération aucune, sur la largeur de certaines routes, ces véhicules d’officiels ignorent les feux de signalisation et font peu de cas des routes à sens unique. Cette mauvaise pratique remonte aux années 2000, lors du second mandat du président Jean-Bertrand Aristide. A l’occasion de son second mandat, René Préval s’était signalé par l'interdiction faite aux membres du gouvernement d’utiliser le gyrophare ainsi que la sirène sur la voie publique. Il menaçait de limoger n’importe quel membre de l’exécutif qui contreviendrait à cet ordre. Avec l’arrivée au pouvoir de Michel Martelly en mai 2011, les officiels de l’Etat et autres proches du nouveau président reprirent cette barbarie comme une affirmation de l’autorité établie.





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