On n’est pas obligé d’être un cadre supérieur de la direction des études économiques du ministère de l’Economie et des Finances ni un homme d’affaires spécialisé dans l’importation ou l’exportation de biens pour comprendre l’impact de la grève des douaniers, pendant une semaine, sur l’économie du pays et d’autres secteurs vitaux qui reçoivent des intrants de l’étranger. Des analystes rendraient les autorités gouvernementales responsables pour n’avoir pas trouvé la solution à un problème qui relève de la compétence de l’Etat. Alors que le gouvernement claironne partout qu’Haïti est ouvert aux affaires, pendant une semaine, une grève de douaniers qui exigent la publication de statuts particuliers paralyse toutes les douanes du pays.

Ce genre d’événement, qui ne peut que causer du tort à l’image du pays, a déjà provoqué la fermeture de six entreprises. D’autres hommes d’affaires étrangers menacent de plier bagages si la grève persiste cette semaine. En matière de taxation, les recettes douanières, qui sont évaluées à 150 millions de gourdes par jour, constituent déjà un manque à gagner pour l’Etat pour le mois de mars. Une campagne de vaccination du ministère de la Santé publique et de la Population, planifiée du 11 au 15 mars contre l’épidémie de diphtérie, n’a pu se faire en raison des vaccins bloqués à la Douane de Port-au-Prince. Plus de 50 communes de neuf départements du pays devraient être touchées par cette campagne contre cette maladie grave et mortelle, mais qui peut être évitée par la vaccination. 2 millions d’enfants et d'adolescents compris entre un et quinze ans doivent être vaccinés contre ce virus qui a ressurgi dans le pays en 2014.