Quand ce ne sont pas les bandits provenant des localités environnantes qui dépouillent les automobilistes, les piétons et les détaillants de la zone, sèment le deuil au sein de la population et créent la panique, ce sont des étudiants du Centre de formation pour l’école fondamentale (CFEF) qui bloquent cette artère qui dessert la population de Carrefour et ses environs ainsi que celles de quatre autres départements géographiques. Depuis plus d’une semaine, les actions commises par les bandits en plein jour dans l’environnement de Martissant et les mouvements intempestifs des étudiants du Centre de formation mettent à nu la faiblesse des dirigeants du pays. Hier mercredi, de 7heures à 14heures 30, les étudiants du Centre de formation pour l’école fondamentale ont bloqué le passage à l’intersection de l’église Ste-Bernadette en érigeant des barricades enflammées pour faire valoir leurs revendications. Personne ne peut enlever aux étudiants le droit de revendiquer. L’obstruction des voies de communication de manière violente est-elle le moyen privilégié pour attirer l’attention des dirigeants ? La population n’a-t-elle pas le droit de vaquer à ses occupations ?

Avec quel sentiment les gens qui devaient prendre l’avion à destination d’autres pays ont raté leur vol, en raison de cette situation ? Il en est de même pour tous ceux qui devaient se rendre d'urgence à un centre hospitalier ou à un rendez-vous chez leur médecin ou livrer à d’autres activités. Combien de temps durera le calvaire des populations de ces zones face à l’insouciance de ceux qui assurent la direction des affaires de l’Etat ? En période de fonctionnement régulier des institutions, le Parlement, à travers les commissions permanentes y afférentes, aurait convoqué le ministre de la Justice en compagnie du secrétaire d’Etat à la Sécurité publique et du directeur général de la Police nationale d’Haïti depuis le deuxième jour de blocage de la route de Martissant. Mais la nouvelle donne dans les relations entre le pouvoir exécutif et le Parlement ne permet pas au pouvoir législatif d’assurer son rôle de contrôle du pouvoir exécutif à un niveau ou à un autre. Le bilan des deux chambres pour la première session législative est de trois lois votées.