J’ai écouté depuis la nomination les réactions subséquentes. Je n’avais guère envie de les prolonger ni de les commenter. Mais je m’aperçois que les vieux réflexes d’immobilisme ressurgissent. Alors, je crois utile d’apporter mon grain de sel. L’heure est grave. Pas moins de 113 entreprises commerciales ont été saccagées les 6, 7 et 8 juillet derniers. Une véritable catastrophe. Aussi le temps presse. La temporisation est contre-indiquée. Il faut hâter le pas.
Quand, après une série de consultations initiées par le président Jovenel Moïse, fut dévoilée la courte liste des quatre citoyens pressentis dont l’un doit combler la vacance créée par la démission forcée du Dr Jack Guy Lafontant, je m’étais dit que, avec Jean Henry Céant -- déjà rompu à l’exercice du dépôt des pièces, le temps perdu pourrait être rattrapé. Or, voilà que, dans un pays où tout est urgent, les politiques au Parlement annoncent leur intention de passer au crible ses pièces après leur dépôt – ce qui est de leur droit, mais il y a célérité dans l’urgence. Et surtout ils envisagent de négocier leur adhésion au choix présidentiel. Je me suis dit que ce pays n’a pas de chance. Je suis persuadé que, avec Me Jean Henry Céant, homme connu pour son altruisme (son sens de l’autre), son esprit collectif, les choses pourraient aller très vite. Je veux dire la remise en marche du train immobilisé depuis les émeutes sur les rails.
Evans Paul, ancien Premier ministre, a été le premier à accueillir favorablement la nomination, non sans insister sur la capacité de rassembleur du notaire Jean Henry Céant. Curieusement, mon attention a davantage été attirée par les confidences de Jean Hector Anacacis sur les ondes de Radio Télé Métropole et de Radio Vision 2000. Selon le sympathique et jovial parlementaire, le support, le soutien sans faille incombe au président de la République, capable de mobiliser sa majorité dans les chambres pour hâter la ratification.
Or, ce n’est pas toujours ce rappel que je veux évoquer, plutôt du compagnonnage de Jean Hector Anacacis et d’autres chefs de parti d’avec le leader de Renmen Ayiti durant huit mois d’une crise post-électorale. « Céant a fait montre de largesses à notre endroit durant ces huit mois, il nous a logés, nous étions aux petits soins (…) », confia-t-il. Je ne pus m’empêcher de rire. Surenchérissant, je peux témoigner que nombreux sont les serviteurs de Thémis qui sont reconnaissants au notaire Céant parce qu’à l’occasion il remettait dans le droit chemin un client indélicat qui traînait les pieds pour régler la note des honoraires de l’avocat qui l’avait assisté jusqu’à la conclusion d’une transaction immobilière ou au terme d’un contentieux.
Il n’y a pas que les professionnels du droit à avoir bénéficié du sens du collectif du notaire Céant. L’on se souvient que feu Aubelin Jolicœur confia en public qu’il était pratiquement pris en charge par le mécène. Il veut l’avancement, le progrès, le bonheur matériel de tous ceux qui l’approchent. Cependant, Céant laisse le soin, s’ils le veulent, aux bénéficiaires de ses attentions et de sa solidarité pour en parler mais, lui, il fait invariablement montre de discrétion. Il n’en parle jamais. Cette retenue est signe de bonne éducation.
De plus, son entregent est spontané, son élan sincère. Évidemment, je présume que comme tout être humain il n’a pas que des qualités, la perfection n’étant pas de ce monde. Sans doute, il tend vers cet objectif dans le sens de l’amélioration de l’humanité. Autant dire que, après la tenue par le président Moïse de sa promesse d’un exécutif inclusif, ouvert, la balle se trouve désormais dans le camp des parlementaires. La pauvreté fait des ravages au sein de la population. Le profond humanisme de Jean Henry Céant peut aider le chef de l’État à soulager les souffrances de ce peuple. C’est ma conviction. L’heure n’est pas aux tergiversations. Des affaires courantes prolongées retardent le redémarrage du train de la nation. N’ayons surtout pas la tentation de nous hâter lentement. Mettons le turbo !
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