Dans la société globale d’aujourd’hui, les ressources symboliques et culturelles sont l’apanage de luttes des individus pour leur appropriation. De nouvelles formes de pouvoir et d’opposition émergent donc de ce contexte. Ce qui nous renvoie aux réseaux de mobilisation qui placent les relations entre acteurs avec la finalité d’un contrôle conjoint de nature coopérative ou d’un contrôle unilatéral de nature conflictuelle par rapport à des acteurs-cibles (Lemieux, 1999,77). C’est dans cette perspective que nous situons les réseaux communément appelés « réseaux sociaux » qu’on a tendance à opposer aux médias traditionnels, dont la radio ou la télévision. Le présent article se propose d’apporter des éclairages et des pistes pour la compréhension du rôle des réseaux sociaux dans la mobilisation pour la restitution des fonds dilapidés du programme de PetroCaribe existant en Haïti depuis 2008 dans le cadre de la coopération avec la République bolivarienne du Venezuela. C’est un vaste projet de coopération horizontale qui appuie les pays de la Caraïbe à leur relèvement ; ce en compétition avec les autres formes de coopération des puissances occidentales qui renforcent bien souvent la dépendance et la pauvreté. Malheureusement, nous ne visons pas pour le moment de faire ressortir de plus amples informations sur ledit programme. Les informations de base sont accessibles sans difficulté.
L’accès aux ressources informationnelles défie tout, même les dimensions traditionnellement considérées comme privées(le corps, la sexualité, les relations affectives) subissent des manipulations, ne parlons pas de la sphère publique. Aussi l’expérience du printemps arabe des années 2010 a-t-elle révélé la force de frappe et percutante des réseaux sociaux comme instrument de lutte politique. Depuis le 14 août 2018, un vaste mouvement est lancé par le cinéaste Gilbert Mirambeau sur le hashtag #PetroCaribe challenge et relayé par le rappeur engagé K-Libr pour la restitution du fonds PetroCaribe d’un montant de 3 milliards 800 millions de dollars américains, dont la grande partie a été détournée et est l'objet d’enquête de commission parlementaire, dossier transféré à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) par le Parlement. Entre-temps, des citoyens ont porté plainte auprès des tribunaux ordinaires jusqu’à ce que le dossier fût saisi par un juge d’instruction. Depuis lors, les méthodes traditionnelles de lutte tardent encore à donner des résultats pour être supplantées ou renforcées par les réseaux de mobilisation, dont Twitter, Instagram, Facebook, WhatsApp. Le label des contestations se fait autour de la formule « Kot kòb Petwo Karibe a? ». La question a déjà touché plus de 2 millions d’internautes. Les Haïtiens de la diaspora sont aussi de la partie. Aussi dans les médias dits traditionnels ce titre domine-t-il considérablement.
À la solidarité organique et la solidarité mécanique s’ajoute dans ce monde postmoderne la solidarité moléculaire qui s’exerce à travers les communautés virtuelles. Cette société prône l’individualisme qui s’affirme malgré des critiques-que je partage personnellement- dans des expériences et pratiques de démocratie. Il est un fait, toutefois, que les modèles existants liés à l’expérience du Printemps arabe sauraient bien être remis en question dans les cas de l’Égypte, de la Lybie, de la Tunisie, du Yemen , entre autres pour avoir accouché de certaines formes de fanatisme et de fondamentalisme politiques.





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