Logée depuis 2006 aux Nos 71- 73 de la rue Labuche, St. Denis, proche banlieue parisienne, l’Église christianiste de Paris est dirigée par le pasteur Félissaint, assisté d’un comité renouvelable tous les deux ans, composé des frères et soeurs Juno Lapomarède, Président ; Phalante Sylvain, vice-président ; Sorel Chéry, trésorier ; Chrismann Saint-Felix, secrétaire général ; Guillaume Paul, Nazela Jean-Baptiste, secrétaires généraux.
Il a été confié, dans le souci de gagner des âmes au Seigneur, à un groupe de serviteurs ayant déjà fait leurs preuves dans l’œuvre, à savoir Chrismann Saint-Félix, Jean Robert Damisse, Yves Cadeau, Dartiguenave Damisse, Vilnor Guë, Joner Felix, la tâche, ô combien exaltante, de porter, à chaque occasion, le message de la délivrance.
En effet, arrivé à Paris le 5 septembre 2018 pour un séjour de 19 jours, il nous a été donné d’assister à deux cultes d’adoration, le premier, le 9 septembre où le messager était le serviteur Chrismann Saint-Félix qui avait puisé dans Deutéronome 6 V 4 à 6 son message, et le second, le 16 septembre Cette fois, c’était le tour de frère Abel Sylvain de prêcher en s’appuyant sur la deuxième épitre de Paul à Timothée, 2 Timothée 2 V 20 et 21 . En fait, ils étaient tous deux très convaincants et l’assemblée, visiblement, en était sortie édifiée. Quand on est l’époux de Aline Lalanne Sylvain, une dame qui semble avoir une assez bonne culture générale, on est censé bien encadrer, et quant à Chrismann Saint-Félix, pour l’avoir déjà vu à l’œuvre, cela ne nous étonne guère.
Dans cette église, on se sent chez soi, du début à la fin de la cérémonie. Après la bénédiction, c’est comme en Haïti, on est resté à l’extérieur attendant la sortie d’un ami ou d’un proche, pour des embrassades, des poignées de main et des conversations à n’en plus finir. C’est ça l’Haïtien. Et tout cela, en présence de leurs enfants, nés français, intériorisant, sans en être véritablement conscients, des valeurs et des comportements qui ne sont pas forcément français.
En plus, l’Église christianiste a sa façon particulière d’adorer et de louer l’Éternel, qui n’est pas sans rappeler la culture haïtienne dans son expression musicale.
En voyant à l’œuvre des jeunes qui, pour l’immense majorité, ont fait de brillantes études dans les grandes universités de Paris et qui ont choisi Dieu et une église dirigée et fréquentée par des Haïtiens, il y a lieu de croire que pasteur Félissaint n’a pas prêché dans le désert car sa mission, nous a-t-il dit, est aussi de préserver la famille et les valeurs morales, chrétiennes et culturelles qui la soutiennent et la renforcent même hors d’Haïti.
Notre étonnement face à l’engagement de ces jeunes était tellement grand que nous ne pouvons nous empêcher de féliciter leurs parents qui, quant à certains, sont arrivés à Paris dans des conditions difficiles et sans être dotés d’une grande capacité intellectuelle, ont pu élever leurs enfants dans la droiture, dans la crainte de Dieu et surtout dans le respect de l’identité haïtienne.
Cet échantillon n’est pas exhaustif. Il y a plein de jeunes Français d’origine haïtienne, nous en sommes convaincus, qui ne font pas partie de cette église mais qui sont restés attachés à Haïti, malgré la mauvaise propagande orchestrée contre le pays par des gens de l’intérieur et de l’extérieur.
Quand on nous avait passé la parole en pleine cérémonie, nous avons repris ce que nous avions toujours dit, à savoir que le monde est de plus en plus bouleversé et que les problèmes d’Haïti (misère, chômage, insécurité, corruption etc..) sont les mêmes que ceux rencontrés, à quelques nuances près, par les divers pays sous-développés.
Les Haïtiens, même ceux qui sont naturalisés français, s’intéressent à tout ce qui se passe en Haïti. Nous avons à l’esprit notre ami Jean-Robert Damisse, prédicateur de l’Eglise christianiste, qui, durant l’après-midi du Jeudi 13 septembre, nous a fait redécouvrir, dans sa luxueuse voiture MERCEDES, le TRIBUNAL DE PARIS, sis à Clichy-Batignoles, Paris 17e, un coquet bâtiment de 160 m de hauteur, nouvellement construit, adjacent à la direction régionale de la police judiciaire, puis l‘avenue des Champs-Elysées, l’Arc-de Triomphe , le Palais des Congrès, les Invalides, le Quai d’Orsay, la Tour Eiffel etc…, et il n’avait jamais cessé, pendant plus de 3 heures, de parler d’Haïti.
C’est encore lui, le 20 septembre , qui nous emmenait à Bruxelles (Belgique), et durant tout le trajet qui a duré trois heures à l’aller et trois heures au retour, il cherchait à savoir,après avoir entendu, la veille, les déclarations du président Jovenel MOISE à l’émission LE POINT de radio Métropole, pourquoi les dirigeants politiques haïtiens, gouvernement et opposition, refusent de s’asseoir ensemble pour construire un meilleur avenir pour le peuple haïtien qui a marre de cette misère abjecte.
Il est difficile de leur faire croire autre chose que ce que leur transmet le discours officiel. Certains d’entre eux disent ne pas comprendre pourquoi tel député de leur commune natale se trouve dans l’opposition plutôt que dans le bloc majoritaire qui soutient l’action gouvernementale. Cela a l’effet de bénéficier de petits projets pour sa circonscription et pour la population qu’il représente. Ce qui est faux, nous l’avons toujours dit en prenant l’exemple des différents députés d’Aquin qui, somme toute, de 1987 à 2015, avaient toujours supporté le pouvoir et malgré tout ne recevaient rien en contrepartie pour la population aquinoise.
Tout cela pour dire qu’à Paris, les Haïtiens, selon ce que nous avons compris, ne sont pas insensibles à la problématique haïtienne. À la maison, à l’église, dans les associations, dans les restaurants comme, au Paradis Tropical, sis à Château Rouge, en partie fréquenté par les chauffeurs de taxi haïtiens et français par naturalisation, mais qui sont, tout de même, restés haïtiens dans l’âme, le nom d’Haïti revient toujours et résonne très fort dans leurs conversations.
Ce qui a aussi retenu notre attention, c’est l’intégration, ne serait-ce qu’en apparence, des immigrés haïtiens dans la société française. Tout de même, malgré cette apparente intégration, rien ne nous autorise à parler de mobilité sociale quant à cette catégorie de gens, intellectuellement limités pour la plupart, mais très intelligents. De plus en plus, le savoir est devenu à la fois, il faut l’avouer, facteur de production et facteur de mobilité sociale.
À n’en pas douter, l’église, toutes confessions confondues, en raison de son impact non seulement religieux, mais aussi politique et social, joue un rôle prépondérant dans le processus d’ « intégration » des Haïtiens en France. Sans l’église catholique SAINT GEORGES, notre cousine Émilienne Clermy, qui y occupe une place importante, n’aurait certainement pas tout le crédit et toute la confiance que lui témoigne la communauté haïtienne.
Plus qu’un voyage touristique, cette visite, une de plus, nous a permis de comprendre en profondeur certaines choses. D’abord, les politiciens sont partout les mêmes, à en juger par ce qu’on appelle en France l’AFFAIRE BENALLA où l’opposition, particulièrement le Sénat à travers sa puissante COMMISSION d’ENQUETE présidée par le sénateur de l’opposition M. Philippe BAS, l’avait entendu, et en l’auditionnant le 19 septembre 2018, a indexé le président Emmanuel MACRON, le soupçonnant de vouloir protéger ce chargé de mission de 26 ans attaché à sa sécurité personnelle, suite à l’incident du 1er mai où ce dernier, dans l’exercice de ses fonctions, avait violenté un jeune homme. Et la presse, tout bonnement, n’avait pas manqué d’en faire les gorges chaudes. Au Sénat, on était même allé jusqu’à prêter au chef de l’État l’intention de vouloir créer, à travers le comportement et le mode de fonctionnement autoritaire de M. ALEXANDRE BENALLA, une garde prétorienne parallèle à la gendarmerie et à la police.
Nous avons été on ne peut plus surpris, le jeudi 20 septembre 2018, du fait que nous n’ayons subi sur la route menant à Bruxelles (Belgique) aucun contrôle d’identité. Où est donc passé le combat contre la grande criminalité, l’immigration clandestine et le terrorisme international que l’on dit mener partout dans le monde ? Avons-nous demandé à nos accompagnateurs, le pasteur Vilson Félissaint et le prédicateur Jean-Robert Damisse.
Bien vite, nous avons compris les mots de l’écrivain Philippe Deloire qui parlant du contrôle des frontières dans son livre «L’EUROPE DES 30 EN MARCHE », a écrit « les États membres de l’Union européenne continuent de surveiller et de contrôler les frontières extérieurs ». Et contrôle s’opère, toute proportion gardée, par « L’AGENCE EUROPÉENNE POUR LA GESTION DE LA COOPERATION OPERATIONNELLE AUX FRONTIERES EXTERIEURES DES ÉTATS MEMBRES (FRONTEX) ». Autrement dit, il n’y a, en principe, qu’une seule frontière délimitant ce grand espace territorial de libre circulation que constitue l’espace Schengen, avec les Etats voisins.
Nous étions également impressionnés par les grands chantiers de travaux publics mis en branle par les autorités françaises dans la perspective d’interconnecter les agglomérations importantes de Paris, de façon plus significative. Un peu partout, on est en train d’installer des rails pour la circulation d’une plus grande quantité de Tramways à travers ce qu’on appelle déjà LE GRAND PARIS La République était déjà en marche bien avant l’arrivée au pouvoir du président Emmanuel MACRON, élu sous la bannière du regroupement politique « LA REPUBLIQUE EN MARCHE ».
Tout cela nous interpelle en tant qu’Haïtien. Il est vrai qu’Haïti ne possède pas les ressources et le savoir-faire de la France, mais voyons : si l’argent PetroCaribe était utilisé à la reconstruction de la grand-rue et ses environs, du Palais national, sans négliger d’éventuels investissements dans les secteurs clés de l’économie haïtienne, on aurait répondu aujourd’hui à la question « Où est passé l’argent PetroCaribe ? » qu’il avait servi à changer quelque peu le visage de Port-au-Prince, sérieusement endommagé par le séisme du 12 janvier 2010.
À Paris où cette église est solidement implantée, elle est d’une grande utilité sociale en facilitant, tant soit peu, l’ « intégration » d’une assez bonne partie de ressortissants haïtiens dans le milieu français. C’est à longueur de journée qu’ils sollicitent, nous en étions témoins, pasteur Vilson et sa vaillante épouse Claudette Pierre-Louis, pour un conseil, une intervention ou un accompagnement auprès des autorités françaises.
Le vice-président Phalante Sylvain, dans sa bonté, s’était toujours mis au service des frères et sœurs de l’église, ainsi que de nous autres dans nos déplacements durant notre séjours à Paris. Nous le remercions publiquement ainsi que sa femme Christa Chérémond. Quant au président Juno Lapomarêde, assisté de sa distinguée épouse Remène Cherémond, tout porte à croire qu’il incarne, par sa rectitude et sa sévérité, l’âme et la conscience de l’église. Et il n’est pas le seul.
C’est à tort de croire que nous avons été accaparés par les frères et sœurs christianistes. À preuve, Valmir Castor, la première personne à nous avoir invités et reçus chez elle, n’est pas christianiste, Émilienne et Mirlène Clermy, Martha Jazon, Maude Louis et sa sœur Armelle Louis, Annelièse Hyppolite, ne le sont pas non plus. Alors que nous avions passé le plus clair de notre temps en leur compagnie.
C’aurait été de même pour des amis comme Lamoute BRUNO, Dominique Mané et Marie Mode Dédé, qui nous auraient témoigné cette même marque de sympathie si nous avions eu le temps de les rencontrer, bien qu’étant d’une autre confession religieuse.
Paris a toujours été et restera toujours pour nous une destination spéciale tant que s’y installeront Vilson Félissaint, Phalante Sylvain, Emilienne Clermy, Annelièse Hyppolite, Aline Damisse, Josette Pierre-Louis, Jean-Robert Damisse, Appolon Hypolite,Vilcia et Erèse Mathurin, les époux Sanon Jazon , Ever Morissaint et sa femme Primance Bruno, les sœurs Hyppolite, à savoir Marie Gislaine, Chrislène, Polonne et Elda, et bien d’autres qui nous avaient supportés, et à qui nous disons merci.
En tout cas, en dehors de ces considérations d’ordre personnel et religieux, Paris reste, à bien des égards, une ville à découvrir ou à redécouvrir en raison du fait qu’elle ne s’arrête pas de se moderniser.
Fénold Mathurin,
Avocat
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.