Le dossier de la firme allemande Dermalog, qui avait défrayé la chronique l'été dernier, a rebondi dans l’actualité après l'audition du directeur de l’Office national d’identification (Oni), Jude Jacques Elibert, au Sénat de la République vendredi dernier. Le président de la commission Ethique et Anticorruption, Youri Latortue, n’est pas passé par quatre chemins pour clouer au pilori la première dame qui se trouvait à Paris au même moment que le directeur de l’Office national d’identification. Ce dernier devait poursuivre les négociations avec la firme Dermalog chargée de la fabrication de nouvelles cartes d’identification nationale. Embarrassant pour la famille présidentielle, ce nouveau scandale ternit davantage l’image de l’administration Moïse qui se trouvait déjà coincée par rapport au refus de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif de donner un avis favorable sur le projet de contrat avec cette firme allemande le 16 février et le 4 avril 2018. Un contrat d'un montant de 27.7 millions de dollars a été signé entre le gouvernement et cette firme.

Depuis les événements des 6 et 7 juillet 2018, qui avaient contraint le pouvoir à faire machine arrière sur l’augmentation des prix des produits pétroliers, l’opposition radicale surveille à la loupe les moindres négligences de l’équipe au pouvoir pour la mettre sur le banc des accusés. Face à cette conjoncture fragile, l’administration Moïse- Céant devrait éviter de prendre une décision ou d’introduire une activité susceptible de porter atteinte à l’honneur ou à la réputation du gouvernement ou d’un proche de la présidence. Le démenti du bureau de communication de la première dame sur la coïncidence de sa présence et de celle du directeur de l’ONI à Paris, au même moment, n’est pas susceptible de convaincre les observateurs sur les motifs de sa tournée en France.