Il faut faire la part des choses. Comme l’a dit l’un des anciens secrétaires généraux de la Francophonie, M. Abdou Diouf, dans son discours d’investiture le 16 mai 2008: « L’économie n’est pas simplement affaire de chiffres et de modèles : elle est aussi une affaire de langage et de négociation. » Négociation sur la langue, négociation sur les mots qu’on choisit d’utiliser. Le vendredi 14 décembre 2018, une vente-signature organisée au Yanvalou a tissé ce maillage d’économie de mots en mettant l’œuvre littéraire de la romancière et poétesse haïtienne, Emmelie Prophète, au cœur du spectacle. En effet, différentes voix ont lu à tour de rôle des extraits du dernier roman en date de l’auteure : « Un ailleurs à soi ». D’autres romans et poèmes sortis en poche chez Mémoire d’encrier ont été lus et portés sur mesure en invitant le public familier à partager « le meilleur du monde » par la littérature, la musique et la sensibilité des mots que l’auteure a su choisir pour exprimer devant la douleur et l’indifférence « des paroles de femmes pour qui l’espoir et le bonheur sont des terres inhabitées».

À travers son premier roman « Le testament des solitudes » qui lui a valu le grand prix littéraire de l’Association des écrivains de langue française en 2009, Emmelie Prophète se plonge dans le monde des femmes, le monde des interdictions et du silence. « Trois générations de femmes souffrent sans paroles et sans témoins. Échouées dans l’errance, la solitude et l’exil, elles se cherchent et se racontent dans l’oubli, le déni et la révolte».