19h 15. Chemise noire (avec des motifs bleutés) et pantalon de même feutre, Vladimir se met en place devant la petite table de lecture autour des bougies allumées. Lentement, longuement, puissamment les mots jaillissaient, fonçaient et emplissaient l’espace petit à petit. Il laissait le son de sa voix sereine et assurante gagner son assistance par sa sensibilité, ses martèlements vibrants et la solidité fuyante dont le comédien seul connaît les secrets. Si plein d’entrain, Vladimir, Vlad pour les intimes, a harmonisé l’instant avec la lecture de « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » de l’auteur suédois Stig Dagerman suivi de « Lettre à tu et à toi » de l’écrivain haïtien, Faubert Bolivar.
« Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » est un livre très court d’une dizaine de pages mais marqué d’une insondable noirceur liant le désespoir comme gain de cause, à la tristesse au suicide qui est peut-être une voie vers la liberté. Parce que Dagerman reste persuadé que la liberté n’est qu’un leurre. Quant à la prose poétique de Faubert Bolivar, « Lettre à tu et à toi », c’est un chant d’amour enlacé par le départ et un certain retour cadencé entre le désir et «le cendre des baisers morts ».






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