Il faut faire preuve d’une certaine constance pour pénétrer et saisir le film « Les flâneries d’un voyant » d’Aïda Maigre-Touche, projeté le mardi 29 janvier 2019 à l’Institut français en Haïti.


Dans une chambrette, l’objectif se fixe sur un homme marqué par la vie : le poète Dominique Batraville. Il ne prouve rien. Il laisse la vie couler et exploite les ressources de la langue en valorisant les mots par leur rareté et leur nombre limité, en s'exposant aux regards critiques dans un décor démuni de toutes richesses qu’un afflux de vieux bouquins éparpillés sur des étagères et un lit à peine visible.  Petit à petit, on intègre l’univers de ce poète évasif qui se dit être un homme approximatif. Par sa force de contrastes et la quiétude émanant de ce personnage ambigu, qui se laisse approcher par une caméra qui entre dans sa solitude et sa grande générosité envers la vie, le spectateur  enregistre la combinaison des mots, leur sonorité, leur rythme pour évoquer des images, suggérer des sensations et des émotions.