La transmission, jeudi, du rapport d’audit partiel du fonds PetroCaribe au bureau du Sénat par le président de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, en présence d’une dizaine de pères conscrits, constitue un premier pas franchi en vue de faire luire la vérité sur l’utilisation de ce fonds de septembre 2008 à septembre 2016. Tous les regards étaient dirigés vers la principale institution chargée du contrôle des recettes et des dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales depuis le 28 février 2018, date à laquelle le dossier lui a été transmis par le Grand Corps. Sit-in, manifestations et d’autres formes de protestations ont été utilisés par des groupes de pression pour exiger que la lumière soit faite sur l'affaire PetroCaribe, en raison des accusations d’enrichissement illicite qui pèsent sur la plupart des membres des gouvernements antérieurs qui géraient des projets financés par ce fonds.

Depuis la soumission du rapport au bureau du Sénat jeudi soir, ce dossier devient le principal sujet d’actualité dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les sénateurs Youri Latortue et Evalière Beauplan, qui avaient auparavant conduit les deux enquêtes sur le fonds PetroCaribe, ont exprimé leur satisfaction du rapport d’audit de la CSCCA. Le sénateur Latortue estime que ce rapport doit être transmis sans délai au juge en charge du dossier pour la bonne marche de l’instruction. Dans aucun cas, le Sénat de la République ne saurait acheminer au juge d’instruction un rapport partiel pour la conduite d’un dossier aussi important que l’affaire PetroCaribe. Secundo, le président du Sénat ne dispose pas de la compétence nécessaire pour transmettre au juge d’instruction un rapport sur un dossier d’audit sans l’aval de l’assemblée. La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif réalise l’audit du fonds PetroCaribe pour le compte du Sénat : le président du Sénat doit agir en fonction des décisions de l’assemblée.