Quelques heures après la nomination du ministre Jean-Michel Lapin comme Premier ministre par intérim, Jean-Henry Céant a tiré la révérence par lettre adressée au président de la République. Convaincu de son échec dans sa tentative de traduire en justice la Chambre des députés, en raison de la motion de censure, il a enfin jeté l’éponge après avoir été le dindon de la farce de cette comédie grotesque. Juriste de formation et candidat malheureux aux deux dernières élections présidentielles, Me Céant paraît suffisamment expérimenté sur l’échiquier politique pour se laisser berner par des parlementaires qui n’ont aucune vertu ni attachement à la bienséance.
De la date de l’investiture du Premier ministre Martial Célestin en février 1988, sous la présidence de Leslie François Manigat, à celle de la double interpellation du Premier ministre Jean-Henry Céant le lundi 18 mars 2019, qui restera gravée dans l’histoire du Parlement haïtien, l’observateur haïtien assiste perplexe au fonctionnement du régime mixte haïtien, notamment les rapports entre le président de la République et le Premier ministre. Choisi comme chef de gouvernement après le retour à l’ordre constitutionnel, en octobre 1994, Smack Michel remit sa démission au président Jean-Bertrand Aristide en octobre 1995 à la suite d’une mésentente sur le dossier de la privatisation des entreprises publiques. Le 9 juin 1997, Rosny Smarth démissionna de son poste de Premier ministre sur fond de désaccord avec le président René Préval au sujet du refus du Conseil électoral provisoire de comptabiliser les votes blancs des sénatoriales du 6 avril de la même année. Le 17 janvier 2002, ayant constaté qu’il n’a plus la confiance du président Jean-Bertrand Aristide, le Premier ministre Jean-Marie Chérestal remit sa démission afin d’échapper à la motion de censure des sénateurs à la date du 22 janvier de la même année.





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