Pour la génération de la fin des années 1990, Cazale est un nom bien curieux. Au premier abord, cette localité de la commune de Carbaret n’évoque vraisemblablement pas de souvenirs sur le massacre de 1969 qui reste un évènement méconnu du grand public. Car, en effet, selon la photojournaliste Édine Célestin, «les travaux qui ont été effectués sur Cazale touchent l’origine polonaise de la plupart de ses habitants à la peau claire, mais pas le massacre en tant que tel, à l’exception d’une anthropologue argentine, Claudia Girola, qui avait effectué un travail de recherche avec quelques étudiants de l’Université d’État d’Haïti. Jusqu’à aujourd’hui, souligne-t-elle, aucun travail n’a été recensé et classé dans les archives nationales sur ce massacre. Les responsables politiques ont-ils tenté de le dissimuler, de l’effacer ou de le nier ? » C’est une série de questions sans réponse.
Les photographies exposées à la maison Dufort traduisent un désir qui dépasse le travail artistique des photographes. Mais en quoi est-ce que la photographie comme approche peut-elle participer à un travail de mémoire ? Nous servant de guide, la photojournaliste Édine Célestin nous a donné à voir la rencontre « des rares traces matérielles qui ont pu résister au délabrement du temps ». Le sens des marques dont l’exposition est le lieu introduit une question de perspective dont les récits et les représentations donnent le ton.






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