Timoun pa monte kap ankò. Peu de cerfs-volants dansent dans le ciel de la capitale haïtienne. Nous sommes bien en vacances de Pâques, mais les enfants s’adonnent à d’autres jeux ou sont penchés sur leur téléphone intelligent. La prolifération des chaînes de télévision en onde claire et la disponibilité d’Internet ont changé les normes. Zapper et cliquer sont plus à la mode que la confection de cerfs-volants. Nos traditions changent. Le temps qui passe en impose de nouvelles.
Le cri des marchands de poisson séché, de betteraves, de choux, de dindes dodues manque à l’ambiance des rues de Port-au-Prince. Les temps sont durs. On mange ce que l’on peut, ce que l’on trouve. Lavi a chè, nou fè sa nou kapab. Plus personne ne se croit obligé de suivre le régime alimentaire de la semaine sainte qui passait en revue poisson à toutes les recettes, sardines et saumon en conserve, morue et œufs durs avant de finir en apothéose, le dimanche de Pâques, devant un gargantuesque repas de famille autour de grasses volailles. Fini les œufs de Pâques en chocolat que la Pharmacie du Champ de Mars proposait aux moins aisés !





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