Plus d’un se rappellent l’image choquante de la soldate américaine tenant en laisse un homme. Cette histoire se passe à la prison d’Abu Gharaib, en Irak, pays du Moyen Orient occupé militairement par les États-Unis depuis le renversement du régime de Sadam Hussein. L’image est renversante dans la mesure où, dans le milieu arabe, la femme vit sous la domination totale de l’homme. La culture orientale s’oppose à l’occidentale. Cette dernière a aménagé depuis le siècle dernier une place pour l’équité de genre. Venons à l’Institut français en Haïti. On va revivre sur les planches à travers l’interprétation du texte de Claudine Galéa. « Vous croyez qu’on peut écrire avec des images pareilles sur des images pareilles à partir des images pareilles? Je ne peux écrire qu’à partir de ces images. Je suis cette laisse en vérité », lance Sacherncka Anacassis, la comédienne, qui interprète « Au bord », la pièce de Claudine Galéa.

« Au bord » n’a pas été conçue pour être un moment très plaisant. Elle fait naitre chez le spectateur des sentiments contradictoires.  Elle nous pousse à nous interroger sur notre rapport aux images, particulièrement à celles qui peuvent contrevenir à la loi sur les droits humains et à la dignité de toute personne. De même, elle nous conduit à nous interroger sur les possibles visages de la solitude et sur la condition humaine. À bien regarder, puisqu’il s’agit du théâtre,  la pièce nous invite à sortir des sentiers battus et du faux-fuyant, sans perdre de vue la capacité de proposer des dynamismes ouverts sur le dialogue contradictoire.