La Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR) écrit aux Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur.-
Chers compatriotes,
Notre pays , notre Haïti, le seul et plus grand bien collectif commun dont nous disposons tous sans exclusive ( Noirs, Blancs, mulâtres , Syro - Libanais , levantins, familles aisées - familles pauvres, « moun anwo - moun anba », « moun lavil- moun andeyò » ), est au ban des nations de la planète Terre !
Notre territoire à tous est menacé de chaos! Nous vivons de nos jours un drame polyfacétique et pluridimensionnel! Les problèmes nous prennent aux tripes! La violence fait des victimes innocentes un peu partout dans le pays ! Nous souffrons tous! Personne ne se sent vraiment protégé ! Personne n’est à l’abri!
Haïti, c’est plus de deux cents ans d’histoire à la fois glorieuse et honteuse ! Le bilan est complexe : colonie d’exploitation, première République noire indépendante du monde, soutien des luttes sous d’autres cieux pour la liberté et l’autodétermination, isolement après 1804, bilatéralismes déficitaires, multilatéralismes déficitaires, coups d’État intempestifs, gestion autocratique de l’État, mauvaise gouvernance.
L’absence de stabilité et le pilotage à vue ont transformé toutes les tentatives de développement en purs leurres de sisyphiens contraints de rouler un rocher sans répit, celui de la misère.
Le casse-tête haïtien des temps actuels est l’aboutissement de l’adoption des principes du néolibéralisme et la fermeture subséquente de nombre de structures et d’entreprises qui donnaient du travail (plus de 85 institutions, dont les usines sucrières, l’Institut pédagogique national (IPN), la Téléco, etc. À cela, il faut ajouter l’accueil en désordre de prisonniers en provenance de geôles du 1er monde.
L’anarchie et les pratiques de “sauve qui peut” qui règnent un peu partout dans le pays sont fruits d’une quête effrénée de pouvoir, imputable à un subconscient collectif naturellement envieux et prédateur, résidu des habitudes de division introduites dans les gênes même des Haïtiens par les exigences de survie dans l’enfer colonial saint-dominguois.
Toutes ces considérations nous poussent à dire au pays entier : « Affranchissons-nous de la division et de la misère ! » Il nous faut déraciner le mal en attaquant ses racines : la division faite système, la non-disponibilité d’une Constitution vraiment nationale, le pilotage à vue de la barque nationale et les interventions intempestives de l’Internationale dans les affaires internes du pays. Il faut « dechouke » le mal !
Déjà, le 17 octobre 2018, la CHAR avait sollicité les bons offices du Premier ministre pour que, enfin, après maintes tentatives avortées de dialogue (Governer ‘s Island, El Rancho, états généraux sectoriels de la nation...), un vrai ‘chita pale-chita tande » bâtisseur, via une Commission Dialogue-Vérité- Réconciliation, soit décrété. Devant cette Commission, les citoyens se présenteraient en toute indépendance pour auto- déclarer les torts faits, reconnaître leurs dettes et se faire pardonner par une nation haïtienne en condition spéciale de réceptivité. Ce sera le Grand Congrès de l’Entente interhaïtienne !
En clair, il s’agit de s’attabler et privilégier un processus d’ÉCHANGES DE POINTS DE VUE, de « JUSTICE RESTAURATRICE » et de PARDON. Ce qui postule la mise en veilleuse des tendances culturelles de réparation de torts qui ne feraient que renforcer la mésentente entre nous. Cette option exclut toute tendance au brigandage politique qui voudrait, dans un système démocratique, substituer la violence des rues et/ou la justice expéditive et clanique à tout vrai processus judiciaire légal et institutionnel. Ceux qui boudent cette offre de « main tendue » choisissent de renforcer la discorde !
La CHAR invite à revisiter les cas du Bénin et d’Afrique du Sud, deux pays qui sont passés par le dialogue pour accéder à la paix véritable à des moments dangereux ou cruciaux de leur histoire.
Dans cette perspective, la CHAR dit « OUI » à un (une):
1o) Processus « dialogue- vérité- réconciliation » dont la durée est de 6 mois et dont la méthodologie inclut tous les torts faits au pays depuis 1986 ;
2o) Commission préparatoire du dialogue dirigée par un coordonnateur général et un vice-coordonnateur général chargés par les pouvoirs, l’opposition et la societe civile d’assurer le leadership des activités préliminaires et la présentation d’environ 500 délégués élus librement dans et par les secteurs pour prendre une part active au Grand Congrès de l’Entente interhaïtienne avec mandat officiel signé du chef de l’exécutif, garant de la bonne marche des institutions ;
3o) Démarche de réconciliation qui traite sur un même pied d’égalité les Haïtiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur. Dans cette approche, la campagne réussie de l’équipe nationale de football, les Grenadiers, à la Gold Cup 2019 est source d’inspiration ;
4o) Processus géré par un corpus indépendant avec la participation de tous les secteurs et tous les anciens chefs d’État vivants.
HAITI d’abord ! HAITI ensuite ! HAITI toujours !
Port-au-Prince, le 10 juillet 2019.
Pour la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation(CHAR) :
Professeur Amary Joseph NOEL, coordonnateur général
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