Le peuple borinquén depuis le viol de 1509 par des conquérants européens associés à Ponce de Léon est resté orphelin et amputé dans sa culture. La machinerie militaire répressive des conquérants s'est installée et a créé des conditions à l’assujetissement de paisibles autochtones. L’élan d'autodétermination a été manifesté au prix de la préservation des valeurs de liberté et de l'affirmation identitaire de ces premiers groupements. Les formations coloniales développent des dynamismes différenciés, malgré qu'elles concourent toutes à la logique du capitalisme naissant dans son accumulation sauvage des capitaux. Le modèle espagnol est voué, dans le cas de Puerto Rico, à une organisation décadente de l'économie coloniale et accompagnée de formes de relations sociales des plus oppressantes en conséquence. Les résistances et les révoltes ont caractérisé les premiers aborigènes qui se distinguent par leur hardiesse et leur esprit de liberté .Très tôt, à Puerto Rico, la rébellion fut active face aux atrocités des conquérants quand la moitié de la population espagnole d'alors a péri. Guarionex s'est associé au cacique Agueybana. Quant à Ponce de Leon, il s'est blessé en Floride d'une flèche, par la suite a succombé à cuba. La résistance des indigènes à Cuba fut considérable. Le chef Hatuey y fut irréductible, lui qui a échappé au massacre du Xaragua. En colombie, Ojeda et ses hommes ont été attaqués et beaucoup d'entre eux ont succombé. En Honduras, Cristobal de Olid a eu un mauvais sort - la pendaison- par des rebelles. Aussi leur lutte a -t-elle toujours débordé les limites du caciquat pour embrasser une action confédérative, soit un antécédent à la pensée sociopolitique moderne de la Caraïbe. La prise de conscience a gagné les caciquats de Cuba, Puerto Rico, jamaïque, Floride, Colombie, Honduras, entre autres.
Puerto Rico fut certes pacifié, mais l'âme de la résistance n'e s'est pas éteinte. Elle a repris son souffle. Par la migration et des échanges, la conscience rebelle a animé les Caribéens. Ce sont des gens de la tradition des saladoïdes insulaires en provenance de Puerto Rico pour se disséminer dans les grandes Antilles et ont existé 6000 ans plus tôt à Trinidad. Entre-temps, les Caraïbes des Petites Antilles ont résisté plus de 300 ans jusqu'à l'évincement de Sainte-Lucie et de la Dominique en 1762. Face à la décadence de l'empire espagnol, Puerto Rico fut davantage menacée: ses périphéries sont la scène de la course des puissances militaires concurrentes telles le Danemak, la Hollande,la France pour le contrôle de Saint-Thomas, Sainte-Croix, Saint-Jean ou des îles Vierges. La flamme révolutionnaire caribéenne de Puerto Rico s'est ravivée en 1809_1811 pour négocier la représentation politique au niveau des intendances. En 1868, fut proclamée la République de Puerto Rico suite à la révolution des Lares dans un contexte indépendantiste général et de lutte anti-esclavagiste et anti-colonialiste.
La vision de libération transcende la dimension ilienne pour se faire une portée régionale, tel fut l'exemple que constitue la ligue des Antilles fondée à Puerto Plata, République dominicaine en 1874 par des immigrants cubains, portoricains et haïtiens unis aux dominicains dont la finalité était de créer une confédération caribéenne. Du joug esclavagiste des espagnols, Puerto Rico est passé sans répit à un statut de colonie américaine. Il est alors gouverné par le département militaire des Etats-Unis, alors que ce peuple boriquén n'a jamais connu une armée moderne propre sinon qu'il garde les réminiscences d'un peuple armé de flèches et d'autres moyens rudimentaires. Ce qui témoigne de la crainte de la superpuissance étoilée de la conviction inébranlable de liberté du peuple boriquén.





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