Quatre députés de l’opposition ont saboté, tôt le mardi 3 septembre 2019, le matériel de sonorisation et le mobilier de la Chambre basse qui allait accueillir le Premier ministre nommé Fritz William Michel et son gouvernement pour la présentation de sa déclaration de politique générale. Compte tenu des dégâts enregistrés à la salle des séances et du tollé provoqué par cette action des députés de l’opposition dans les médias et sur les réseaux sociaux, le bureau de la Chambre des députés a retardé de plusieurs heures cette séance qui a permis au Premier ministre nommé de faire l’énoncé de sa politique générale devant l’assemblée des députés et d’obtenir un vote de confiance. Cette action posée par les députés Jean-Robert Bossé, Manès Louis, Déus Déronneth et Raynald Exantus fait suite à celle entreprise le 30 mai dernier par quatre sénateurs de l’opposition à la Chambre haute, en signe de protestation à la présentation de la politique générale du Premier ministre nommé à cette époque, Jean-Michel Lapin. À la suite de l’action des quatre sénateurs, Jean Michel Lapin se voyait dans l’obligation de remettre sa démission au président Jovenel Moïse.
Au Parlement haïtien, aussi bien que dans les autres parlements du monde, les groupes parlementaires issus de courants idéologiques opposés sont toujours à couteaux tirés sur les questions d’intérêt et dans les débats en assemblée. Les groupes parlementaires, qu’ils soient majoritaires ou minoritaires, exercent leurs attributions conformément au mode de fonctionnement des Chambres respectives. En séance plénière ou dans les travaux en commission, ils se positionnent. L’action d’un groupe parlementaire est intimement liée à son idéologie. Que le groupe soit au pouvoir ou dans l’opposition, son action varie en fonction de la raison d’être de sa création. Dans les moments les plus difficiles, même pendant la période du coup d’Etat du 30 septembre 1991 et où deux groupes parlementaires s’opposaient, le matériel et le mobilier des deux chambres n’ont jamais été vandalisés. L’action posée le 30 mai par les sénateurs Evalière Beauplan, Ricard Pierre, Antonio Cheramy et Nènel Cassy ouvre-t-elle une boîte de Pandore pour les députés de l’opposition et aux groupes parlementaires à l’avenir pour exprimer un désaccord ?





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