Après sa dernière réalisation sur l’une des figures de proue de la littérature haïtienne, « René Depestre, on ne rate pas une vie éternelle », le réalisateur Arnold Antonin jette son dévolu sur le grand poète haïtien Anthony Phelps. Auteur du remarquable recueil de poèmes : « Mon Pays que voici », l’œuvre et la vie de ce nonagénaire ont été portées à l’écran dans la salle Unesco de la Fokal, les mercredi 11 et jeudi 12 septembre 2019 en présence du réalisateur et des diplomates français, japonais, chilien, cubain et allemand. Avec un titre qui laisse tant de surprises et d'interrogations, « À la frontière du texte » est un travail minutieux mené avec passion, amour et désinvolture.

D’entrée de jeu, le langage de ce film documentaire d’une durée d'une heure et 19 minutes propose des représentations pittoresques mêlant peinture et histoire.  Des tableaux ont été les premières images offertes dans un décor évoquant les arts et l’idée du voyage. La voix de Phelps qui amarre les différentes cordes à son arc de poète a insufflé dans ce film les traits de caractère de ce personnage atypique porté à l’écran. « Étranger qui marches sur ma terre, entendra-t-on de sa voix-off, souviens-toi que la terre que tu foules est terre de poètes. »