Des militants politiques proches des sénateurs de l’opposition ont profané mercredi, la salle de séances du Grand Corps, afin d’empêcher le Premier ministre nommé Fritz William Michel de faire l’énoncé de sa politique générale devant  le Sénat. Après avoir obtenu un vote de confiance le 3 septembre en cours à la Chambre des députés, le Premier ministre devrait être reçu par la Chambre haute mercredi pour boucler le processus. Avec l’appui de certains sénateurs de l’opposition, des militants politiques ont envahi la salle de séances et l'ont assiégée. Depuis l’adoption de la Constitution de 1987, des militants politiques proches du pouvoir et de l’opposition ont toujours tenté de prendre d’assaut le Parlement pour apporter leur soutien aux groupes parlementaires qui leur sont favorables. Ils ont toujours été bloqués par les forces de l’ordre. Mercredi, ils ont bénéficié de l’appui des sénateurs de l’opposition pour investir l'enceinte du Sénat et lancer des diatribes contre certains sénateurs proches du pouvoir et y perpétrer des actes de sabotage. Verra-t-on la répétition d’une série de faits dont les uns plus rocambolesques que les autres, à chaque fois qu’il y a désaccord entre les groupes politiques au sein des deux chambres ?

L’échec de la séance de mercredi va davantage fragiliser les rapports entre les sénateurs de l’opposition et ceux du pouvoir. Le bond des sénateurs Latortue, Lambert et Jacinthe dans le camp de l’opposition va compliquer la tâche du bureau présidé par l’inexpérimenté sénateur Carl Murat Cantave pendant le dernier trimestre de cette année mouvementée. Après l’échec essuyé le 30 mai dernier en face du groupe des quatre sénateurs de l’opposition qui s'opposaient à la ratification de la politique générale de Lapin au poste de Premier ministre, le président du Sénat va devoir difficilement fixer une nouvelle date pour accueillir Fritz William Michel après le revers de mercredi. Déjà, les accusations de pots-de-vin du sénateur Sorel Jacinthe à l’encontre de quatre autres sénateurs proches du pouvoir font le choux gras des médias et des réseaux sociaux. Depuis l’organisation de la séance en Assemblée nationale pour la ratification du protocole d’accord de Washington le 17 mars 1992, les parlementaires haïtiens reçoivent des pots-de-vin pour voter un acte législatif ou pour infirmer le quorum dans le cadre du vote d’un dossier d'intérêt public. Il devient courant qu’à chaque période de ratification de politique générale d’un Premier ministre, des scandales de pots-de-vin éclaboussent les parlementaires haïtiens, à part quelques rares exceptions.