« Persistance et aggravation de la crise politique, stagnation de la production (taux de croissance pratiquement nul), déficit de la balance commerciale (compensé en grande partie par les transferts), grandes faiblesses fiscales et éviction du crédit privé, instabilité monétaire exacerbée par les incertitudes induites par la subvention pétrolière et les arriérés en général, resserrement monétaire, diminution des dépôts bancaires en gourde, augmentation de la dollarisation, très faible croissance du crédit », constate l’ex-gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Charles Castel, qui intervenait dans le cadre d’un petit déjeuner- causerie organisé par EGM Strategy & Management, jeudi 12 septembre, à l'hôtel El Rancho, autour de la question « Conjoncture économique actuelle, quels enjeux pour le secteur prive des affaires ? »

Économiste principal à CC Consulting,  Charles Castel a expliqué que nous suivons cette année un cycle classique mais plus aigu marqué par une politique empreinte de populisme, l’expansion fiscale, du resserrement monétaire, l’inflation et de la dépréciation et des impacts négatifs sur les secteurs productifs et le crédit privé. « Les gouvernements font croire à la population qu’ils partent tout donner tout de suite. Le malheur veut qu’ils procèdent à l’expansion fiscale quand ils veulent le faire. Quand on parle de l’expansion fiscale, il faut entendre par là le financement monétaire de la Banque de la Republique d’Haïti (BRH) pour faire fonctionner la planche à billets », a soutenu l’économiste, précisant que le populisme n’a rien à voir avec la gauche ou la droite.