Le Nouvelliste : On ne présente plus le Centre culturel Anne-Marie Morissette (CCAM), l’espace littéraire haïtien qui accueille les activités hebdomadaires des Vendredis Littéraires. Aujourd’hui, cette manifestation culturelle à Port-au-Prince a un quart de siècle. En tant que membre de l’atelier du jeudi soir, comment avez-vous abordé cette aventure ?
Inema Jeudi : Par modestie je dirai que je suis mal placé pour parler des Vendredis Littéraires inscrit dans l’espace et dans un si long temps. Cependant, le peu d’années passées au contact de l’événement m’a permis d’apprendre mieux à vivre la culture comme lieu de respiration humaine. C’est là que j’ai côtoyé certains poètes et écrivains que j’affectionne. Bonel, Franketienne, Gary, Evelyne, Marc Endy Simon, Lyonel, Cyto Cavé, Frantz Jean Baptiste et tant d’autres m’ont marqué chacun à leur manière. Prendre la responsabilité citoyenne de monter un projet tombé dans le domaine public n’est l’apanage de n’importe qui. Faire en sorte qu’un tel événement donné conserve un pouvoir de convocation échelonné sur vingt-cinq ans relève d’un courage à saluer sans ambages. Les Vendredis Littéraires de l’Université Caraïbe, l’un des doyens des espaces culturels en Haïti, mérite d’être soutenu pour ce qu’il est symboliquement. Sa pérennisation dépend de la fréquentation d’anciens et de nouveaux membres aujourd’hui. Quand les instances étatiques élaborerons un plan de sauvetage et d’encadrement plutôt efficace, les institutions culturelles de la taille des Vendredis Littéraires auront l’impact qu’il faut dans la vie de ce peuple victime de grandes crises d’identité.






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