La parenthèse Gassant n'a pas duré. Elle a tenu moins de deux mois. Il agaçait, l'agaçant Gassant. Le parquet. Le palais. La chancellerie. Les élus. Ceux qui le craignaient. Ceux qui disaient qu'il n'était pas à sa place. Elatriye.

 Le président Jovenel Moïse a repris ce qu'il avait donné. L'Unité de lutte contre la corruption (ULCC) ne peut pas échapper à une surveillance étroite de l'exécutif et mieux vaut un ami à ce poste qu'un incontrôlable.

Dans le fouillis des affaires lancées par Gassant en quelques semaines il n'est pas dit que l'ULCC sortira grandie. On ne saura pas qui avait raison ou tort. On passe à autre chose.

Cette parenthèse illustre la difficulté de l'indépendance des institutions et de leur bonne marche. Marque la difficulté à trouver le bon candidat pour le bon poste.

Cela dit, sans connaître les raisons réelles du limogeage, il est un constat :  en Haïti on a l'impression que pour durer, il faut échapper aux radars.

Il y a une prime à l'inaction. Au silence. Aux bras croisés. Ne pas faire de faute parce qu'on n'a rien tenté est plus valorisé que les efforts de celui qui réussit à moitié.

Pas étonnant que la croissance recule, que les organes de l'État se rapetissent et que la population soit insatisfaite.

Personne n'a fait le décompte des ministres, directeurs généraux, juges, sénateurs, députés, délégués départementaux ni des autres responsables dont on n'a jamais entendu parler. Ni en bien ni en mal. Ils sont légion et vivent bien leur retraite active. Ils ont le lait, le beurre, la laitière, la vache et l'argent du beurre de la République.

Un jour, on saura pourquoi Gassant avait été nommé et pourquoi il a été remplacé si vite. En attendant, il y a déjà mille versions.

Certains en tireront gloire, d'autres des avantages ou du capital politique.