Eadwig Augustin, ING.
eadaugustin@yahoo.fr
Un mal qui répand la terreur : le coronavirus, puisqu’il faut l’appeler par son nom. Et Jean de La Fontaine vivant de nos jours n’évaluerait pas autrement la situation. Ce mal, dont le pouvoir pathogène sème l’effroi dans la population, fragilise l’économie mondiale tout en mettant à nu notre incapacité à le maîtriser. Des recherches sont certes en cours mais les laboratoires peinent encore à trouver un vaccin qui nous immuniserait contre ce virus. Tous les pays ne sont pas affectés de manière identique. Il existe même et les nouvelles sont constantes - des havres dont la population est épargnée par ce fléau. N’importe, cependant malgré un taux de létalité assez inquiétant et la fermeture des frontières qu’elle a nécessitée, cette pandémie, loin de constituer un obstacle à un regain rapide des activités, offre plutôt une opportunité pour les pays de changer de paradigme, de repenser leur façon de faire.
Dans ces circonstances divers pays, selon les choix de politiques publiques qu’ont faits leurs citoyens ainsi que les outils et le mode de gestion appropriés qu’ils ont toujours adoptés, prennent les mesures qui s’imposent pour juguler tant soit peu la situation. En ce qui nous concerne, les instances dirigeantes du pays devraient,sinon s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, du moins adopter des mesures urgentes pour canaliser l’investissement prioritairement dans des secteurs qui nous rendraient moins vulnérables, moins dépendants vis-à-vis le marché extérieur. L’action devrait minimalement se concentrer dans:
le secteur agricole et avicole, ce qui favoriserait d’une part une récolte rapide de légumes et de certaines denrées locales et d’autre part la production massive d’œufs et de poulets de chair afin de satisfaire à nos besoins en alimentation ;
la participation à la recherche en santé pour revisiter, développer et codifier notre pharmacopée. Nous ne pouvons pas oublier les remèdes que nos grands-mères y puisaient jadis pour résoudre nos problèmes de santé. Cela devrait nous permettre ainsi de favoriser une médecine intégrative dans notre politique de santé ;
la création ou reconversion d’entreprises pour la production de certains biens essentiels dont les besoins -dans l’état actuel des choses- se font cruellement pressants. Une occasion idéale pour aider nos artisanes et artisans à reprendre du service;
le support à nos travailleuses et travailleurs subitement hors du marché du travail pour cause de cessation des activités dans leur entreprise respective.
Cet effort s’avère un impératif dans la conjoncture, espérant que ce ne sera pas un autre rendez-vous manqué, nine devra pas être une occasion pour une réallocation de certains fonds prévus dans le budget vers d’autres postes non essentiels. Il faudra dès maintenant, en plus de maintenir cet effort, réfléchir à la période post-pandémie, à l’aménagement dans nos budgets des fonds pour l’allocation de ressources adéquates dans :
l’éducation; une voie royale vers la maîtrise du destin de tout peuple. Cela impliquerait la construction de complexes universitaires dans cinq grandes régions du pays, la dotation d’au moins un lycée dans chaque commune et surtout d’écoles d’arts et métiers qui font d’ailleurs cruellement défaut dans le pays ;
la santé en favorisant la mise en place d’une structure sanitaire adéquate grâce à la construction d’un hôpital universitaire dans chacune des cinq grandes régions du pays, d’hôpitaux de moindre envergure, de première ligne dans chaque arrondissement et de dispensaires dans chaque commune et/oucertaines sections communales ;
l’environnement en vue d’établir un plan d’aménagement du territoire et ipso facto réduire les effets néfastesde l’érosion, de la coupe des arbres, de la diminution de la couverture végétale, etc. Cela suppose la construction de toutes les infrastructures de base pour la préservation de l’environnement dans toutes ses composantes ;
le rétablissement des magasins de l’État, la constitution de stocks de réserve de produits de première nécessité et la construction de grands abris anticycloniques et parasismiques dans des régions bien ciblées avec des installations sanitaires adéquates pour l’hébergement de personneslorsdes catastrophes naturelles ou des circonstances particulières exigeant leur évacuation ;
la recherche et le développement dans les secteurs porteurs. À l’entame de la quatrième révolution industrielle Haïti ne peut se permettre de rester à la traîne.
Ces initiatives pourront à notre avis favoriser une embellie dans ces moments difficiles que nous vivons et constituer un prélude à un changement profond dans notre vie de peuple.
Eadwig Augustin, ING.
eadaugustin@yahoo.fr
+509 34 46 3610
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