La politique étrangère est un sujet relativement peu abordé dans les discussions politiques communes en dehors des cas délicats où le vote d’Haïti se trouve être décisif comme pour le « lâchage » du Venezuela de Maduro dernièrement. Beaucoup reprochent à notre diplomatie d’être « aux ordres » des Etats-Unis, d’être soumise, de vendre notre souveraineté en échange d’une relative bienveillance du grand voisin du Nord. En dehors de ces accès de souverainisme, de patriotisme, très peu osent penser que la République d’Haïti puisse avoir une voix qui se fasse entendre sur la scène internationale. En effet, notre faiblesse, notre mise sous quasi-tutelle, ne nous efface pas de la scène internationale. Nous disparaîtrons, si nous le souhaitons par des actions concrètes d’acteurs locaux et extérieurs, accompagnées d’une apathie globale de la société. En dehors de cela, tant que la République d’Haïti aura une existence (aussi faible soit-elle) aux yeux de ses habitants d’abord, et de la communauté internationale ensuite elle aura une voix qui pourra être entendue, et si elle le souhaite écoutée. Défendre ses intérêts n’est pas l’apanage des puissants. Encore faut-il les connaître, les définir clairement et les énoncer tout aussi clairement aux acteurs concernés. Les intérêts de notre pays peuvent varier en fonction de la situation politique nationale, régionale et mondiale. Le but ultime étant la préservation de l’État haïtien, de sa population, de son environnement et de son économie, en fonction des ses atouts et de ses faiblesses.
Ce premier article introductif qui sera suivi de cinq autres articles n’a pas vocation à faire un historique de notre diplomatie, ni même à critiquer (en bien ou en mal) les pratiques actuelles, mais simplement à illustrer des points qui méritent d’être débattus au sein de la société haïtienne. Les thématiques qui suivront cet article introductif sont les suivantes : Haïti au sein de la CARICOM, Haïti et la francophonie, Le choix difficile entre la Chine et Taiwan, Culture et diplomatie, la diaspora comme facteur d’influence. D’autres thématiques auraient pu être choisies, mais ces dernières ont pour vocation d’ouvrir le débat et non de le limiter et encore moins de le clore.
Le terme de puissance peut être rapidement défini comme la capacité de faire, de faire faire, de refuser de faire et d’empêcher de faire. Cette définition simple rapide mais incomplète marque déjà nos limites en tant que puissance. Notre capacité d’action est fortement limitée ; nous n’avons pas de capacité militaire significative, et notre contrôle administratif du territoire est relativement faible. En résumé, nous ne pouvons ni contraindre personne (États, entreprises ou individus) à respecter nos règles, ni les empêcher quiconque de les violer. Ceci est un choix de société que nous avons fait au fil du temps par action ou par omission, mais qui peut changer. Comme dit le proverbe : « si andan pa vann deyò pa achte ».





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