Aux pères des églises protestantes,
Aux pairs croyants, croyantes,
Messieurs et dames,

Aux pères des églises protestantes,
Aux pairs croyants, croyantes,
Messieurs et dames,
Par la présente, je veux attirer votre attention sur la criante nécessité de mobiliser la force que vous avez pour transformer cette réalité haïtienne trop longtemps pourrie, ravagée par la négation du bien et du bon. Dois-je vous rappeler que la fonction de l’église du Christ est de manifester les vertus de Dieu ici-bas ? Vous me direz que « la grâce abonde là où la transgression abonde ». Alors, serions-nous donc les promoteurs de l’iniquité ? N’êtes-vous pas tous des enfants de la lumière et des enfants du jour, comme il est dit dans la Bible ? (1 Thessaloniciens 5:5).
Nous assistons, depuis longtemps, dans notre pays au déferlement du mépris de la science et de la vertu. Le savoir est vilipendé et mis à l’écart. L’exercice même d’un minimum de jugeote pourrait vous conduire aux pires et affreuses condamnations. Nous errons entre l’incohérence, la folie (l’absence d’intelligence) et la médiocratie. Le tout ponctué de duperie et d’hypocrisie. C’est par mépris de la science que la pauvreté ravage notre population et le mal développement ruine notre économie. C’est par duperie que nos dirigeants ont violé notre confiance pour nous exposer au désespoir et à la honte. Leur hypocrisie est si grande qu’ils nous tiennent encore des discours de vanité et nous crachent leur mépris. Hors des sentiers du pouvoir tant qu’au timon des affaires, tous s’engagent dans le politiquement correct et dans des discours pauvres en sincérité. À la manœuvre, tous fléchissent. Doublé de la crise des vertus, le mal du pays ne peut être plus profond.
Pères et pairs, tout cela est pour vous dire que les fondements de notre société sont branlants. Il en est ainsi de tout ce qui ne se repose pas sur la science, la sagesse et la vertu. Ainsi vous invité-je à vous réveiller du déni du mal. Je vous interpelle en tant que fils de la lumière. Puisque, le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité (Éphésiens 5:9), faites donc preuve de bonté en usant de vos capacités spirituelles et sociales pour renverser la tendance. Ayez donc l’amabilité de faire preuve de miséricorde afin d’aider à reconstruire ce petit bout de terre. Comme il est dit dans votre Bible, la nôtre, la nature attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu, révélez-vous, je vous en conjure !
Permettez que je vous fasse l’exposé de vos atouts : l’église du Christ est la plus grande puissance mystique et spirituelle agissant sur la terre. Inégalable. Du moins, potentiellement. Puisque, si on n’utilise pas un pouvoir, il ne sert à rien. Les non-profanes le savent. Pour ceux qui veulent la preuve inscrite textuellement dans la Bible, reportez-vous à Mathieu 18 : 18-19 : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. » Et Luc 10 : 19 - « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous nuire.»
En dehors de son potentiel spirituel, la capacité de mobilisation de l’Église protestante haïtienne n’est pas à prouver. Nous n’avons qu’à regarder récemment la démonstration du 26 juillet dernier pour s’en faire une idée. Cette dernière est la preuve que vous pouvez quand vous voulez. Le problème est que vous refusez de donner à César ce qui lui est dû. Et quand il demande des comptes, vous sortez de vos gonds. Bien des fois, ce sont des efforts post mortem. Trop tard. Et, de plus, la persévérance manque à vos luttes. L’affaire du Code pénal en est le témoignage : le secteur protestant ne s’est pas donné la peine de faire valoir ses revendications dans les espaces publics en 2017. Pas de note de protestations, de pétitions, de points de presse, de rassemblements, d’activité de lobbying. Mais quand la publication survient, la Toile s’affole. Le secteur brandit sa colère, mobilise les fidèles et fait voir ses muscles. Pas pour longtemps, bien sûr ! Mouvman dife pay mayi.
Vous les Pères, enseignants et leaders de tout acabit du secteur Protestant, à quand l’enseignement de la conscience citoyenne et de l’engagement patriotique aux fidèles? L’environnement social, politique et économique de la cité n’est –il pas d’intérêt pour notre Christ et vos fidèles ? N’êtes-vous pas dans ce pays en décrépitude ? Les conditions de vie de nos frères et sœurs et de nos prochains haïtiens ne vous interpellent donc pas ? Qu’est –ce que vous faites avec la puissance de l’Évangile et avec les fidèles de l’église qui vous regardent du haut de la chair ? Mathieu 5 : 16 dit et je cite : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Alors, resterez-vous bouche bée et les mains toujours croisées ? !
Permettez aussi que je vous rappelle le double rôle de l’Église. L’Église devra s’engager dans les combats spirituels de destinée. Nous devons d’abord interpeller le Tout-puissant à nous remplir de grâces pour assumer notre responsabilité, à ouvrir les yeux de nos cœurs sur Sa Sagesse et à aplanir nos sentiers. Nous devons prier pour nos dirigeants afin qu’ils puissent user de sagesse dans l’exercice de leurs fonctions. Et assainir l’espace spirituel d’Haïti. Le génie d’Haïti doit se relever du Divin.
D’autre part, l’Église doit investir les espaces de pouvoir par le biais de son influence et de la production de leaders conquis par la foi, la science et la vertu. Pour sortir de ce marasme, il faut croire en ce pays et être déterminé à assumer le coût du changement par la passion. Là, la force de ses propositions prévaut. Elle doit servir de repère à la société, s’engager aux côtés des plus vulnérables et constituer un repaire et un vivier d’hommes et de femmes de valeur disponibles et disposés au service de la Nation. Chaque fidèle doit être imbu de sa responsabilité citoyenne et habité d’une volonté inébranlable d’apporter sa pierre à l’édifice du renouveau.
Chers pairs,
Je vous exhorte à rechercher le bien de la cité dans laquelle nous sommes, d’adresser des prières pour sa cause « parce que notre bonheur dépend du sien » (Jérémie 29 : 7). Ne me dites pas : je crois que Dieu va faire quelque chose et ça suffira. J’ai la foi. Foutaise. Cette référence biblique nous en dit long : 14, Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15, Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, 16, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? 17, Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. 18, Mais quelqu'un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j'ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres (Jacques 2).
Si vous croyez comme moi que ça doit changer dans ce pays, faisons la démonstration de notre foi par notre conduite. Devenons des croyants-citoyens. Des chrétiens qui votent, qui proposent et qui pratiquent et font l’éloge de la bonne gouvernance et de la justice. De bonnes gens qui investissent les couloirs politiques et qui détiennent le pouvoir économique. Ne soyons pas de ceux qui se plaignent de l’état du pays et qui se rechignent à s’engager.
Si, comme moi, vous ne vous convertissez pas, frères et sœurs, vous êtes comme ceux qui foulent aux pieds notre nation. Vous ne méritez pas mieux qu’eux. Psaumes 82 nous avertit déjà du sort qui nous est réservé : « J’avais dit que vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque. »
Notre Dieu ne permettra pas toujours au mal de triompher. Car si les méchants croissent comme l'herbe, si tous ceux qui font le mal fleurissent, c'est pour être anéantis à jamais (Psaumes 92 : 7). Voici, l'Eternel sort de sa demeure, pour punir les crimes des habitants de la terre; et la terre mettra le sang à nu, Elle ne couvrira plus les meurtres (Esaïe 26 : 21). « Je punirai le monde pour sa malice, Et les méchants pour leurs iniquités; Je ferai cesser l'orgueil des hautains, Et j'abattrai l'arrogance des tyrans. Je rendrai les hommes plus rares que l'or fin, Je les rendrai plus rares que l'or d'Ophir. C'est pourquoi j'ébranlerai les cieux, Et la terre sera secouée sur sa base, par la colère de l'Éternel des armées, au jour de son ardente fureur », dit l’Éternel Ésaïe 13 : 11-13.
Pères et pairs, Messieurs et dames,
Pardonnez – moi ce long discours ! Mais mon âme crie pour une nouvelle Haïti. Une Haiti qui n’aura pas à verser le sang innocent, à enterrer parmi ses meilleurs enfants. Une Haïti inclusive, équitable, libre, forte et prospère. Une Haiti exempte de toute malice et amoureuse de la science. Une Haïti dont tous ses fils et filles sont exercés à la manœuvre. Le croyant pas moins que le profane. Tous, nous sommes citoyens.
Espérant contre toute espérance, je crois en votre contribution pour enfanter l’Haiti de demain !
Bien à vous,
Jeff Alix ST-TILMA
Votre frère
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.